Patrimoines et histoire à Congénies

Conservation des divers patrimoines ; recherches historiques et promotion de la vie culturelle dans la commune de Congénies

29 septembre 2008

Congénies vue par Hector Rivoire

   Hector Rivoire, qui était chef de division à la préfecture du Gard, a publié en 1842, en deux Sans_titre_0forts volumes,  une "Statistique du département du Gard". Ce travail comprend de longues études générales sur l'histoire, la géologie ou l'économie de notre département ainsi qu'une notice sur chacune de ses communes. Celle sur notre village, dont le nom est orthographié Congeniès avec un seul accent mal placé, est reproduite ci-dessous.

CONGENIÈS
Arrondissement de Nîmes - Canton de Sommières - Population 1000

   Un caractère particulier, sous le rapport religieux, distingue cette commune de toutes celles du département. Au lieu d'embrasser avec empressement tout prétexte d'opposition fanatique, ainsi que le pratiquent au détriment de de la tranquillité et de la raison un grand nombre de localités où les cultes se croisent, Congeniès voit vivre avec calme dans son sein, un prêtre catholique, un ministre protestant, un pasteur quaker et un missionnaire méthodiste anglais ou wesleyens (sic). Dans l'enceinte même du village, et pour ainsi dire côte à côte, s'élèvent les quatre édifices consacrés aux cérémonies religieuses de  ces différents cultes.
   Des renseignements, recueillis dans les lieux mêmes,  nous apprennet que, du remps des Sarrasins, au vilage nommé St-André, existait à environ 200 mètres de Congeniès, et que, sur l'emplacement où s'élève aujourd'hui ce village, il y avait un fort dans lequel se retirèrent les habitants de St-André, chassés de leurs demeures par l'incendie et les assiégeans  qui exigeaint d'eux une contribution de 300 livres.
   Ils construisirent ensuite autour de ce fort des habitations qui communiquèrent toute entre elles, comme on peut encore le voir aujourd'hui. Ces constructions formèrent insensiblement un village qu'on nomma Congeriès, et qui, par la suite des temps, se changea par corruption en Congeniès, nom de la commune dont nous venons de parler. Il ne reste de l'ancien St-André, que les ruines d'un édifice qu'on reconnaît à ses détails pour une église chrétienne.
   On s'occupe, dans la commune de Congeniès,  de la construction d'une fontaine qui jaillira au milieu du village, au moyen de travaux considérables qu'on a faits pour conduire les eaux.

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22 septembre 2008

Journées du Patrimoine 2008 , sortie capitelles intercommunale Congénies-Aujargues-Souvignargues

   Comme elle l'avait fait en 2007, l’association pour la conservation du patrimoine de Congénies a organisé une sortie à l’occasion des Journées du Patrimoine 2008. Cette année, c'était une visite de capitelles dans la zone s’étendant entre Congénies, Aujargues et Souvignargues où notre périple s'est achevé en beauté à la splendide cabane de Malais qui possède une tourelle sommitale. Peut-être d’ailleurs vaut-il mieux parler de « cabanes », le mot « capitelle » étant plutôt utilisé dans la région de Nîmes et en Uzège.

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   A 14 heures 30, ce sont plus de soixante personnes qui se sont retrouvées au stade de Congénies pour une longue promenade conduite par Loïc Vannson, de Congénies, et Jean-Claude Chauvet, d’Aujargues, tous deux excellents connaisseurs du petit patrimoine local auquel ils consacrent beaucoup de temps et d’efforts, pas seulement intellectuels d’ailleurs. Les travaux de débroussaillage qu’ils ont effectués autour des cabanes visitées sont là pour en témoigner.

   Ces cabanes sont très nombreuses sur le territoire de nos communes puisqu’on en recense 110 à Congénies et 107 à Aujargues. Parfois difficiles à découvrir au milieu des broussailles, dans un état de conservaDSCF8194tion inégal et parfois affligeant, elles suscitent toujours un peu d’émotion chez le visiteur qui aime à imaginer ce qu’elles ont pu abriter : des outils et des animaux certes, mais aussi un protestant recherché par les forces du roi – ce fut le cas de Paul Rabaut à Congénies –, un malheureux vagabond ou, pourquoi pas, un rendez-vous amoureux. Des graffiti, remontant parfois au XVIIIème siècle et pouvant indiquer des noms de famille connus, aident les esprits à rêver.
   Leur nom est aussi objet d’interrogation :   les magnifiques cabanes de Maurin, de Marignan et de Bourquin portent le nom de leur propriétaire ( parfois présents dans le groupe des visiteurs ).

2005_0101diverscong_nies41008 La cabane de Maurin avec sous double linteau et son arc de décharge triangulaire

2005_0101diverscong_nies41204 La cabane de Marignan , la plus vaste à Congénies , avec une une petite tourelle la surmontant .

2005_0101diverscong_nies41063 La cabane de Bourquin , de forme plus classique , ronde .

la superbe « cabane du bleu » ne doit pas son appellation à la couronne d’iris qui orne son toit mais au surnom de la famille qui en était propriétaire et dans laquelle les yeux bleus étaient fréquents (1).

2005_0101diverscong_nies41066 La cabane du Bleu et son couronnement d'iris .

  Quant à la minuscule « cabane de l’accoucheur », qui se trouve intégrée à un clapas, qui saura d’où elle tire sa mystérieuse appellation ? Moins original mais bien explicite semble être le nom de la "cabane ronde" d'Aujargues.

   Sans rentrer dans le détail des dix sites visités sur les trois communes, il faut indiquer que, dans le cadre d’une typologie générale qui permet de distinguer les cabanes de Vaunage de celles du Sommiérois – souvent terminées par une tourelle plus ou moins importante et donc plus fréquentes à Aujargues –, chaque édifice présente son caractère propre, reflet de la personnalité de son propriétaire ou du talent de l’artisan qui l’a construit. Reflet aussi, hélas ! des dégradations dues à l’eau, au feu et à l’irresponsabilité de certains qui n’hésitent pas à prélever une pierre ou deux, causant ainsi des dommages irréparables si l’étanchéité de la cabane n’est plus assurée.

   Il faut espérer que cette promenade incitera ceux qui l’ont faite à partir par eux-mêmesDSCF8203 à la redécouverte de ces cabanes mais aussi à la recherche de nouveaux édifices. Il faut souhaiter surtout qu’elle soit l’occasion d’une sensibilisation du public à leur sauvegarde et à leur mise en valeur. Cette action pourrait être encouragée par la publication d’une plaquette guide qui rendrait les plus grands services aux promeneurs comme aux amoureux du patrimoine.

Souvignargues_cabane_de_Malais La cabane de Malais à Souvignargues , parfait exemple du " type sommièrois " avec tourelle sommitale . Cette construction est entièrement édifiée en pierre sèche de calcaire dur du secondaire , seul le linteau est en pierre plus tendre , calcaire coquilier provenant sans doute de Pondres .

   Pour terminer la journée, plus de cinquante personnes se sont retrouvées le soir au temple de Congénies pour écouter un très beau concert, donné par le quatuor à cordes Avenio qui a interprété des œuvres de Beethoven, Dvorak et Piazzolla. La soirée s’est achevée par le verre de l’amitié offert par la municipalité de Congénies.

(1) Selon une explication qui nous a été fournie après la promenade, cette appellation pourrait aussi être liée à la tenue du propriètaire de cette cabane qui était toujours vêtu d'un bleu de travail, ce qui lui avait valu le sobriquet "le bleu"...

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06 septembre 2008

Incidents entre le maire et le curé de Congénies au XIXème siècle

  En exploitant les archives communales et des informations transmises en 1995 par des anciens du village, Loïc Vannson nous raconte deux incidents qui ont opposé le curé et le maire de Congénies à propos de monuments religieux. Voici le premier de ces récits.

La légende de la croix de Teignon

   Durant la terreur blanche en 1815, où les royalistes prennent le pouvoir, le curé de Congénies, l'abbé Taignon, qui n'aimait guère les protestants, vient trouver la maire du village, M. Nourrit, à la tête de quelques uns de s s paroissiens et lui dit :
- "Venez voir ce que les protestants nous ont fait, ils ont enlevé notre croix à l'entrée de Congénies, vers le cime
tière (1), et on ne sait où ils l'ont cachée."
   Le maire, M. Nourrit, et le curé emmènent un petit groupe de curieux avec eux, se rendent à l'endroit désigné et constatent la disparition de la croix.
   Mais le curé s'avance peu après dans une vigne, revient brandissant une croix et crie :
- "Voilà où ils l'ont jetée !"
La maire, qui le connaissait bien, se tourne alors vers le curé et lui dit :
-"C'est toi qui l'a cachée, et tu l'as trouvée trop vite !"
C'est en core M. Nourrit qui dit plus tard à ce même curé :
- "Taignon, hors de ma maison.
- Mais que vous ai-je fait, M. Nourrit ,
- Qu'importe, à la porte !"
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(1) Le cimetière était à l'époque à l'emplacement du foyer communal. La croix est celle qui surmontait le calvaire brisé qui se trouve sur le chemin de Calvisson (pohto ci-contre).

   Un mystère entoure cette affaire : on parle encore de la légende de  "La croix de Teignon" alors que ce prêtre a été curé de Congénies de 1860 à 1872 et qu'en 1815, le curé était Joseph Gleizes. Sans doute y a-t-il eu dans les souvenirs de certains une confusion avec l'incident suivant qui,lui, met indiscutablement en cause l'abbé Taignon.

Un monument à la vierge Marie

   A la suite des travaux d'aménagement de l'église, et notamment de la pose de nouveaux vitraux, l'abbé Taignon écrit, le 20 décembre 1869, la lettre suivante au maire de Congénies, L. A. Majolier :
   "Monsieur le Maire,
   Tout heureux de perpétuer dans ma modeste paroisse le souvenir du Jublié accordé par Sa Sainteté Pie IX à l'occasion du concile du Vatican, j'ai décidé avec mes catholiques, d'élever un petit monument à la Sainte Vierge contre le mur de mon presbytère.
   Avant de faire exécuter ce travail, je désire savoir si M. Le Maire ne trouve aucun motif sérieux pour y mettre obstacle.
   J'ai l'honneur d'être, M. le Maire, vote humble serviteur.
   Taignon, curé
PS : Ce monument ne doit gêner en rien, étant appuyé contre le mur du presbytère, je veux dire contre la fenêtre de ma cuisine.

Après délibération , le conseil municipal répond :
- Vu la lettre de M. le desservant,
- Considérant que des renseignements recueillis, il résulte que la demande dont il s'agit serait personnelle à son auteur, et qu'elle ne répondrait pas aux vœux de la majorité de la population catholique,
- Considérant que l'érection d'un monument pareil en dehors de l'édifice consacré au culte, et dans un pays mixte, peut amener des complications sérieuses, voire des troubles qu'il faut écarter,
- Considérant que dans tous les cas, à raison de l'importance de la question soulevée, il aurait été convenable que la demande fût faite par le Conseil de fabrique,
- Vu la lettre adressée à M. le Maire demandant qu'aucune suite soit donnée à ce projet et signée par plusieurs habitants catholiques de la commune,
Délibère à l'unanimité qu'il y a lieu de rejeter la demande de M. le desservant et qu'aucun monument ne devra être élevé au dehors de l'église, ni dans les terrains et jardins attenant au presbytère.
               Le Maire, Louis-Antoine MAJOLIER

 

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