21 juin 2009
L'ancienne église romane de Saint-André de Congénies; nouvelle étude de Loïc Vannson
Au pied du Puech de Ninarde , à l'ouest de Congénies , la mas de Bresson ou de Saint André n'est autre que l'ancienne chapelle romane du même nom ...
Comme il est mentionné par ailleurs dans l'historique de l'église Notre-Dame, une autre église beaucoup plus ancienne, située à 500m à l'ouest du village, a existé à Congénies au Moyen Âge, l'église romane de Saint André dont les dernières ruines, encore visibles au début du 19ème siècle, ont finalement définitivement disparu plus tard, servant entre autres à la construction et aux sousbassements d'un mas qui porte d'ailleurs le nom de St André
ou mas de Bresson (photo sur la gauche). Ce lieu de culte, rattaché à la petite paroisse de Saint André dont les maisons occupaient les quartiers de la Portalade, de la placette des Tonneliers et une partie de la Vermeillade, est mentionné pour la première fois en 1156 dans une Bulle du Pape Adrien IV, en même temps que l'église Notre Dame, comme possession du Chapitre de Nîmes. Des textes plus anciens, du 10ème siècle, y font cependant allusion. De toutes manières, l'occupation du site dès l'époque Gallo-romaine est attestée par la présence in situ de tessons de poteries et d'anciennes tuiles permettant d'envisager l'existence d'une ferme antique agricole. En outre, une stèle dédicacée à un certain "L. ROSCIUS ANTIMETUS" fut retrouvée dans une vigne jouxtant l'ancienne église, tout comme la présence de plusieurs tombes en coffre de tuiles et de lauze, attestant l'existence d'un cimetière peut être paléochétien du 4ème au 8ème siècles (cf recherches de J. M. Roger). L'église de Saint-André pourait ainsi correspondre à une ancienne et première communauté chrétienne qui remonterait au moins au 8ème siècle, peut être à l'origine même de Congénies.
Notons, qu'en parallèle le village de Congénies, mais certainement un peu plus tard , cité pour la première fois en janvier 926, a pu se développer, prospérer, construire à son tour sa propre église et enfin absorber définitivement la paroisse de Saint André au milieu du 13ème siècle . Cette hypothése se trouve renforcée par une bulle du Pape Nicolas II qui, en 1266, décide de rattacher la vieille paroisse à celle de Notre Dame de Congénies. Ajoutons à cela, un siècle plus tard, au milieu du 14ème, l'abandon trés probable des maisons de l'ancienne communauté de St André dont les habitants ont pu préférer se mettre à l'abri, au sein du Fort de Congénies édifié en 1367, des pillards et autres bandits de grands chemins qui ravageaient le Languedoc.
Notons qu'en 2003, lors de l'effondrement d'une partie du mur d'une grange dans la rue de la Portalade, il a été découvert dans les gravats des départs de voûtes de style gothique. Proviennent-ils de l'ancienne église Saint André ? (pourtant, a priori de style roman , aucune trace d'un remaniement dans le style gothique n'est connue ...) S'agit-il d'éléments qui appartenaient à l'église Notre Dame maintes fois endommagée au cours des guerres de religions ? Ou bien, plus simplement, d'une ancienne demeure du quartier de "La Portalade-Saint-André" dont le propriétaire fût assez riche à l'époque pour faire édifier une maison possédant des voutes sur croisée d'ogives ? Cette découverte, fort intéressante, laisse néanmoins perplexe ...
De l'ancienne église nous ne possédons malheureusement aucune représentation ni description. ( Il semble qu'elle était déjà abandonnée au moment des guerres de religions ... ) . Il est cependant permis d'imaginer, sans trop de spéculations, au regard des nombreux vestiges de murs qui existent encore , qu'elle devait certainement ressembler à la petite église voisine de Saint-Etienne d'Escattes, sensiblement de la même époque et possédant la caractéristisque d'un appareillage identique trés utilisé aux 11ème et 12ème siècles, de trés grande qualité. Les photos ci dessous parlent d'elles mêmes ....
Le mur nord d'origine ( 11ème-12ème ) de l'actuel mas de St andré
Murs nord , détail de la grande qualité de taille des pierres dites froides
Plus loin , toujours sur le côté donnant au nord , base d'un contrefort saillant de 50 cm de section environ .
Environ un mètre sous le mas , l'accés à une petite galerie se fait au moyen d'une trappe permettant de voir le soubassement sud du mur nord . Le point lumineux indique la présence d'un pilier à l'extrémité nord-ouest de l'ancien édifice . C'est la seule partie où le mur médiéval est conservé dans toute sa largeur qui était d'environ 1,20m .
Les dimensions de la nef de cet ancien édifice devaient être, à peu de choses prés, celles de Saint Etienne d'Escattes avec couvrement de voutes en berceau . Une énigme cependant ; l'ancienne chapelle de Saint André de Congénies devait certainement posséder un chevet à l'est mais il a totalement été détruit ... Seules des fouilles à l'est du bâtiment permetraient de lever le mystère sur ce point et s'il y avait bien chevet , de savoir quelque forme il avait .
Comparaison n'est certes toujours pas raison mais je vous propose de faire un petit tour à quelques encablures de Congénies ... à Saint Etienne d'Escattes .
Mur nord de l'ancienne église St André de Congénies ? ... Eh bien non , nous sommes à l'église Saint Etienne d'Escattes .... Remarquez l'appareillage similaire . Cette église a souffert des guerres de religion mais elle conserve , en grande partie, son aspect roman .
Détail d'un des contreforts nord ...les similitudes sont tout de même troublantes ...
L'intérieur de la nef couverte d'une voute en berceau ( arrondie ) ponctuée d'arcs soutenus par de léger piliers entre lesquels viennent s'inscrire d'autres arcs . L'appareillage des pierres est particulièrement soigné .
Vue générale de la nef et de son abside ( choeur ) dite en cul de four ( de forme arrondie surmontée d'une demie coupole circulaire ) . Ce modèle était-il celui présent à Congénies ?
Enfin , vue de la nef en sens opposé ( direction ouest )
En 1790, le greffier A. Barnier rédige un rapport dans lequel il indique " que l'ancienne église Saint-André, abandonnée, construite en fort bel appareil, est pillée par les habitants de Congénies qui en retirent des pierres et de la terre pour servir à la construction de leurs maisons. Ils mettent également à jour des ossements provenant d'un ancien cimetière.." ( voir l'article sur la destruction de St André ).
En 1807, on pouvait encore voir les ruines de l'édifice comme le mentionne un recensement. Mais, quelques années plus tard, le tout est vendu pour servir à la construction d'un mas qui a utilisé des vestiges de l'église, mas dont les soubassements et surtout le mur nord sont, en en grande partie, ceux de l'ancien sanctuaire.
En 1990, un ancien puits datant du Moyen-Age, situé au dessus du mas de Saint André, a été comblé pour permettre l'élargissement du chemin. On a malheureusement pas pris la peine de le vider et de le fouiller...
Le folklore local a fait naître une étonnante légende, celle de la cloche en or de Saint-André qui aurait été cachée sous une maison de l'ancien groupe d'habitations rattachées à Saint-André au moment des troubles du 14ème siècle...
Le souvenir de l'ancienne paroisse reste très présent à Congénies. Comme il est
mentionné dans l'historique de l'église actuelle, on peut voir dans cette dernière de nombreuses évocations faites au second patron du village : une statue et un vitrail à son effigie ainsi que des croix de Saint-André peintes au 19ème siècle sur les murs du choeur, surplombé lui même d'une frise en latin portant son nom. La rose qui orne la façade ouest de l'église Notre-Dame est également décorée d'une grande croix de Saint-André. Enfin, le chemin qui mène à cette ancienne église porte le nom du sanctuaire disparu.
Le martyr de Saint André
André fut un des premiers disciples et souvent intermédiaire de Jésus. Aprés la crucifixion de celui-ci , il effectua un long voyage tout autour de la mer Noire , passant, notamment par Byzance . Son chemin va cependant s'arrêter dans le Péloponnèse en Grèce où il va être crucifié à son tour en l'an 60 sous le règne de l'empereur Néron . Le livre de " La légende dorée " rapporte que son supplice fut ordonné par le proconsul de la région dont André avait converti l'épouse ... Accroché à une croix en forme de X au moyen de liens , il survécu deux jours durant lesquels il prêcha devant la foule . Cette dernière demanda qu'on le décrocha mais les liens resistèrent . C'est alors qu'un grande lumière descendant du ciel enveloppa le martyr qui fut emporté par la mort .
Ci dessous , quelques représentations de cet événement
(Etude réalisée par Loïc Vannson)
24 janvier 2009
Pierre gravée d'entrelacs au chevet de l'église de Congénies
Loïc Vannson apporte ci-dessous de nouveaux éléments sur cette pierre située au chevet de l'église et qualifiée un peu rapidement par certains auteurs "d'entrelacs à trois brins carolingien".
"La pierre du chevet comporte quatre brins et non trois ... Aussi étonnant que cela puisse paraître elle pourait être une version stylisée de la croix de St Patrick, à l'origine représentée par un trèfle à quatre feuilles ... L'inspiration semble bien celtique même si cette croix n'est pas inscrite dans son traditionnel cercle (représentation la plus courante de la croix celte) N'oublions pas que l'église de Congénies se situe à proximité du chemin de St Jacques de Compostelle et que la Galice fait partie des terres de traditions celtes ... Cette pierre a pu être éventuellement gravée par un "compagnon voyageur" travaillant d'églises en églises ... Quant à sa destination première, il est évident qu'elle n'est pas à se place d'origine Il pourrait s'agir tout
simplement d'une pierre de consécration de l'édifice primitif (pratique courante à l'époque dont la datation, faute d'archives remontant à des temps si reculés, ne peut être qu'aproximative) certainement la période carolingienne et de toutee façons entre le 8ème et le 11ème siècle ."
Vos suggestions et commentaires sur cette tentative d'explication sont les bienvenus ...
10 novembre 2008
Le menhir de la Peyra Plantada de Congénies
Le menhir de "la Peyra Plantada" ; Congénies . Vers 2500 à 2800 av JC , Chalcolithique , groupe de Ferrière . Plus ancien monument de la Vaunage , rare menhir en plaine languedocienne avec ceux de Nîmes-Courbessac et du moulin d'Aubais .
A la limite d'Aubais et de Congénies mais sur le territoire de cette dernière, existe un menhir que l'on peut trouver en empruntant la RD 140 en direction d'Aubais depuis le rond point de Congénies . Aprés quelques lacets , au sommet de la côte , dans un virage prononcé vers la droite , il faut emprunter le chemin qui part sur la gauche en direction d'un complexe hôtelier. ( prudence , carrefour dangereux .... ) . Aprés avoir parcouru environ 300m sur cette piste , notre menhir se dresse là , au bord de plusieurs intersections .
J. M. Roger l'évoque dans sa brochure "Le temps des dolmens" (1992, collection Patrimoine, p. 43) que nous citons ci-d
essous :
"... d'une hauteur de 2,30 m. il se distingue nettement des petits tertres en terre du voisinage. le monument porte des signes gravés étudiés par Ivan Pranishnikoff , le peintre russe qui se réfugia en Camargue pour devenir jusqu'à sa mort un mainteneur de la tradition provençale..."
Dans une étude plus générale sur les menhirs, l'auteur apporte les précisions suivantes aux pages 25 et 26 du même ouvrage :
"Ce sont les pierres dressées, les menhirs, qui sont le plus souvent isolés comme par exemple dans l'arrière-pays montpelliérain ou la garrigue nîmoise (Nîmes, Congénies, Aubais)... Les menhirs peuvent être des pierres utilisées à létat brut. Ils sont parfois grossièrement équarris, quelquefois bouchardés. Celui de Congénies porte des cupules et des gravures préhistoriques, pour la plupart proche
s des exemplaires du monde alpin..."
M. Aliger évoque aussi ce menhir dans sa brochure "Voyage autour de la Vaunage" (1984, Bene, Nîmes, p.21) :
"Prenons la route d'Aubais. A mi-chemin de ce charmant village, se dresse le plus vieux monument vaunageol. C'est un beau menhir, celui de la Peyra Plantada qui, du haut de ses quarante siècles propose aux humains qui le contemplent le mystère de ses origines : quelle peuplade a dressé cet énorme bloc de mollasse, pour quelle divinité, que signifient les signes qui y sont gravés, pourquoi les cupules qui y sont creusées ?"
Le même auteur a étudié le menhir dans le numéro 1 de Congénies-en-Vaunage (mai 1975). Il note que dans un article paru dans la Revue préhistorique en 1907 (pp. 88-92), Pranishnikoff fait état, sur la face nord du menhir, de six croix, deux signes alphabétiformes, deux cupules et, sur la face sud, d'une croix, trois signes alphabétiformes, une cupule et un petit bassin. Il signale que le bloc "... a été extrait du lambeau de molasse miocène...de la vallée du Vidourle, dont les bancs les plus voisins sont situés à un km au moins du monument". Il indique aussi que selon le Dr Marignan, qui a étudié le monument en 1884 , le menhir mesure 2,70 mètre de haut, 1,40 mètre de large et 0,70 mètre d'épaisseur. Il serait enfoncé dans le sol de 70 centimètres au moins.
Pranishnikoff ; ses précieux relevés sur les mégalithes du Languedoc et de la Provence sont conservés au musée Arlaten d'Arles .
L'historien Patrick Cabanel observe que la christianisation des populations a pu s'accompagner d'une christianisation des menhirs (qui étaient la trace de cultes très anciens) parfois par la pratique d'entailles cruciformes. C'est ainsi qu'il explique la présence des croix évoquées ci-dessus ,que l'on peut observer sur le menhir de Congénies (P. Cabanel, Voyages en religion, Nouvelles Presses du Languedoc, 2007, page 19).
14 mai 2008
La mise en place des vitraux de l'église de Congénies et réseaux de fenestrage
Au moment où s’achève la deuxième tranche des travaux de restauration de l’église, qui comportent notamment la rénovation des fenêtre, il est intéressant de publier le procès-verbal de la réunion du conseil de fabrique qui avait décidé la pose de ces deux premiers vitraux.
"Délibération du conseil de fabrique à l’effet de placer des vitraux aux deux premières fenêtres de l’Eglise.
L’an mille huit cent soixante quatre et le premier dimanche d’octobre, le conseil de fabrique duement convoqué immédiatement après le chant des vêpres de la paroisse, les marguilliers étant tous présents dans le salon du presbytère lieu ordinaire des séances, Monsieur Justin Teignon (1) a fait part à messie
urs les membres du conseil du désir qu’il avait de voir l’Eglise s’embellir d’abord de deux vitraux pour les deux premières fenêtres du sanctuaire, savoir le premier vitrail devant représenter les deux apôtres St Pierre et
St André, patron de la paroisse, le second St Joseph et la Ste Vierge. Monsieur le Curé a fait observer que c’était là une dépense de cinq cents francs, mais qu’il ne demandait qu’une somme de cent francs sur la caisse de l’Eglise, attendu qu’il avait déjà reçu la somme de trois cents francs des Paroissiens et qu’il offrait pour sa part une somme de cent francs sur sa bourse. Cette proposition a été acceptée avec satisfaction et vive reconnaissance par tous les membres du Conseil de fabrique à l’exception du seul François Lombard qui était absent lors de la délibération. Il a été convenu qu’on s’adresserait à Monsieur Bancel ( ??) de Montpellier et que les vitraux seraient posés pour la fête paroissiale de St André.
Procès-verbal de cette séance a été dressé et tous les marguilliers présents ont signé.
Congénies, le premier dimanche d’octobre de l’an mille huit cent soixante quatre.
Hébrard, Louis Teste, Hébrard, F. Charvadès, Taignon, prêtre, curé de Congénies"
Ci dessous , détails des figures de ces vitraux et des verres colorés au sein des sculptures à enroulements des fenêtres .
1 - Curé de Congénies de 1860 à 1872.
Les deux autres vitraux , à motifs géométriques de croisillons et grisailles , sont plus tardifs , de la fin du 19ème siècle selon Patrick Bullard qui vient de procéder à leur restauration ( Les archives ou factures concernant leur commande n'ont cependant pas été retrouvées à ce jour ) .
Enfin, comme déjà mentionné , la rose ouest est devenue un véritable vitrail de création récente ( 2008 ) reprenant la forme déjà existante de la croix de Saint André , second patron de notre paroisse . ( l'ancienne rose , que vous pouvez apercevoir , n'etait qu'un simple assemblage de verres colorés sertis dans un encadrement de bois en piteux état ) .
Les photos ci dessous représentent, après la restauration des réseaux de fenêstrage et des vitraux eux mêmes, les vitraux dont il est traité dans le procès-verbal de la réunion de 1864. A l'extérieur de la fenêtre gauche du choeur, on remarquera que le vitrage de protection en PVC n'est pas jointif dans sa partie inférieure. La différence avec la fenêtre voisine , pas vraiment esthétique, où cet espace apparaît beaucoup plus étroit, s'expliquerait par une différence de pente des embrasures d'origine ( un mortier aurait été ajouté en surplus lors d'une précédente restauration d'où un problème de gabarit au dernier moment ... )
Plus ennuyeuse, en revanche, est l'erreur de sculpture constatée bien aprés la récéption des travaux , au sein de la croisée des meneaux de la fenêtre la plus à l'ouest de la façade sud ( datant de la fin du 17ème , à double croisillon , alors que les encadrements des fenêtres du choeur dateraient du début du 16ème et ne possèdent qu'un seul croisillon ... ) . Une erreur d'autant plus surprenante et pour ne pas dire fâcheuse d'un point de vue de crédibilité pour un édifice inscrit aux Monuments Historiques et théoriquement soumis à des contrôles sérieux tout au long des réunions de chantier .... La photo de la fenêtre d'origine ainsi que la juxtaposition des différences de sculpture de ces fenêtres vous sont présentées ci dessous .
08 mai 2008
Une nouvelle rose ou rosace pour l'eglise de Congénies
Les travaux de restauration des vitraux de l'église ont permis de constater que la rosace qui se trouve au dessus de la porte était en très mauvais état comme le montre la photo ci-dessus à gauche. Des éléments de son châssis de bois étaient pourris et plusieurs de ses verres simplement colorés , représentant une croix de Saint André , étaient cassés. A droite , le nouveau vitrail installé en mai 2008 .
La mairie a donc demandé au maître verrier de Saint-Alexandre Patrick Bular , qui a restauré les autres vitraux, de réaliser une nouvelle rosace dont on peut voir la maquette sur la photo ci-contre. Le curé de la paroisse et notre association ont été consultés et ont approuvé le projet.
Voici en avant première la maquette de ce nouveau vitrail ( 1,70m de diamètre ) . Il reprend le motif de la croix de Saint André, saint qui était le patron d'une ancienne église de Congénies et dont le nom apparaît dans le vocable de l'église actuelle à côté de celui de Notre-Dame. C'est maintenant un vrai vitrail et non plus un simple assemblage de verres peints qui éclaire l'édifice sur sa façade ouest.
18 avril 2008
Les écoles et l'ancienne mairie de Congénies
Le bâtiment des écoles est imposant pour une modeste commune qui n'avait que 900 habitants lors de sa construction et dont l'ancienne maison communale était bien à l'étroit au sein de l'ancien Fort, à l'angledes rues "Vieille Ecole" et " des marchands ". L'édifice , construit en dehors du village, sur le bord de la route de Sommières, a été inauguré sous le Second Empire - le 5 mars 1867 plus précisément - au cours d'une très grande fête. La nouvelle "Mairie-écoles" possède une grande façade monumentale présentant deux légers avant-corps , le tout sur deux niveaux , qui abritaient, l'un l'école des filles, l'autre celle des garçons, la mairie occupant le centre du bâtiment. L'ensemble est de style "néo-Louis XIII" avec alternance de briques rouges et de pierre de Mus jaune, au grain très fin mais aujourd'hui trés dégradée .
L'édifice, réalisé selon les plans de l'architecte départemental et diocésain Henri Revoil, très renommé alors (1), a même reçu un prix d'architecture soulignant l'esthétisme combiné au raffinement et à l'aspect rationnel de la nouvelle construction. Il faut d'ailleurs remarquer que la commune est en avance sur son temps, ce type de bâtiment étant surtout édifié, en France 15 à 20 ans plus tard, sous la IIIème République. Mais l'état des finances communales, obérées par ce projet très ambitieux, ne permettra jamais d'installer le cadran d'horloge et sa cloche prévus dans l'oculus surmontant la façade, faute d'une subvention allouée par la Préfecture et des événements de 1870-71 ...
Le bâtiment est entièrement consacré aux écoles en 1995 avec le déménagement de la mairie dans ses nouveaux locaux, au cœur du village, dans une ancienne demeure surplombant la fontaine de la Bourse.
(1) Henri Antoine Révoil a mené, entre autres, les campagnes de restaurations des cathédrales de Nîmes de Montpellier , d'Aix en Provence. Nonmé architecte du patrimoine pour les monuments historiques du sud-est , il va s'attacher à la restauration de l'amphithéâtre romain de Nîmes , de celui d'Arles , du théâtre antique d'Orange. Il réalise en outre la construction de nombreux bâtiments religieux et civils tels le temple d'Alès ou l'église de Rochebelle dans cette même ville , les églises d'Aimargues ou de Manduel ( la liste serait trop longue ... ) . Il achève également la construction de la nouvelle cathédrale de Marseille , la Majore , prés du vieux port sur les quais de la Joliette ...
Portrait photographique de notre architecte
Monument commémoratif élevé en 1906 à la mémoire d'Henri Antoire Révoil dans les jardins de la Fontaine à Nîmes . Le buste en Bronze sera récupéré par les nazis en 1942 et le piédestal disparaîtra par la même occasion ...
Au sein de cet encadrement mouluré , sous le balcon , devait être installée la table des droits de l'homme mais le budget de l'époque n'a pas redu possible cette initiative .
l'oeil de boeuf surmontant la façade principale au sein duquel l'horloge est désespérément absente depuis plus de 140 ans ...
La plus ancienne vue des écoles de Congénies dans les années 1890. Remarquer le couvrement d'origine en tuiles de type "canal" avant la refection complète de la toiture de 1897à1898 en "tuiles mécaniques de marseille" . ( archives famille Jaulmes ) .
La mairie-écoles vers 1900 aprés les travaux .
Plans à l'encre et aquarelle par Révoil . Second projet 1863. ( Archives communales )
(Texte de Loïc Vannson)
08 mars 2008
L'ancienne chapelle méthodiste de Congénies
L'ancienne chapelle méthodiste de Congénies vers 1900 , une des plus importantes de la région par ses dimensions .
Cent ans plus tard , seul demeure l'ancien prebytère ....
La première moitié du 19ème siècle a vu l'implantation à Congénies d'une forte communauté méthodiste dès les années 1820, sous l'impulsion de Charles Cook , d'origine anglaise, qui officiait alors du haut de l’ancienne chaire du temple protestant .
Portrait de Charles Cook :
Les prêches de Charles Cook rencontrent un écho très favorable auprès de nombreux Congénois qui adoptent rapidement cette nouvelle « branche » de la religion protestante, basée beaucoup plus sur les écritures de la Bible et qui portera d’ailleurs, au fil du XIXème siècle, un coup au mouvement quaker ( mais ce n'est pas ici la principale raison ) et surtout à la branche protestante " classique " .
La décision d'édifier un lieu de culte méthodiste n'est cependant prise qu'à Pâques 1869 et l'inauguration de "La Chapelle" a lieu en septembre 1870 au fond d'un parc bordant l'avenue de la Fontaine à environ 100 mètres au sud de l'église
( une ancienne plaque en fer, accrochée à un pilier du portail d'accès à la cour de l'édifice jouxtant l'ancienne maison qui avait abrité le presbytère méthodiste, portait encore , il y a peu , l'inscription à demie effacée de "La Chapelle" ). Ce bâtiment, bien que de taille plus modeste, ressemblait, dans sa physionomie générale, au temple protestant. Sur sa façade principale, encadrée de deux baies vitrées à arcs en plein cintre , surmontée d'un vaste fronton triangulaire à corniches abritant un oculus mais sans clocher, se trouvait une pierre gravée d'une Bible ouverte au dessus de la porte . Des baies similaires éclairaient les faces latérales de l'édifice au nombre de deux pour chaque côté. En l'absence de plans du bâtiment , la consultation du cadastre de 1950 s'est révélée trés intéressante pour retrouver les dimensions de l'édifice . Aprés divers calculs d'échelles , la chapelle formait un quadrilatère de 10 mètres de large en façade sur 17,5 mètres de longueur . Le niveau d'erreur est inférieur à 1 mètre . En ce qui concerne l'élévation , les choses sont plus complexes ... Aprés divers recoupages , le faîtage du fronton triangulaire devait culminer à environ 10 mètres au dessus du sol , sa base à environ 7,50 mètres ( une élévation à peu de chose prés similaire à celle du temple ). Son aménagement intérieur était apparement simple, sur environ 175m2 se trouvaient deux rangées de bancs en bois et une estrade tronait le fond . Mais l'absence de clichés ne nous permet pas de savoir à quoi ressemblait le plafond ( voutemement en plein cintre ( arrondi ) , plafond "plat" en stuc et plâtre ( un peu comme au temple ) ou bien charpente apparente ... ? ( Si des personnes ont souvenir de ces détails , leurs témoignages sont les bienvenus soit par le biais d'un commentaire sur cet article , soit en contactant un des membres de l'association ... Par avance merci de votre précieuse collaboration ) .
"Désaffectée" ( mais sur ce point les avis divergent ; une demande d'aide aurait été formulée à la municipalité de l'époque par la communauté méthodiste pour réparer la toiture fortement abimée mais cette requête est apparement restée lettre morte ... ), la chapelle fut malheureusement démolie en 1968 et les causes exactes de cette action demeurent obscures à ce jour ( pas de traces en archives ) . Seuls subsistent l'ancien presbytère et la bible en pierre gravée de l'ancienne chapelle aujourd'ui incorporée dans un mur du jardin (photos).
La bible en pierre gravée qui surmontait la porte de l'ancienne chapelle .
Différentes vues de l'ancien presbytère méthodiste donnant sur l'avenue de la Fontaine ;
La chapelle méthodiste d'Anduze , d'une allure générale assez proche de celle que l'on pouvait voir à Congénies jusqu'à la fin des années 1960 .
Loïc Vannson
05 mars 2008
Le temple de l’Eglise Réformée de France de Congénies
La place du Peyron , lieu sur lequel fut édifié le premier temple de Congénies durant la seconde moitié du 16ème siècle .
Aux XVIème et XVIIème siècles existait, sur la place du Peyron, un premier temple d'une superficie d'environ 160 mètres carrés. Une note à ce sujet fait état de la date de 1561 pour sa construction , ce qui est trés tôt ... ( cet élément mérite vérification ) . Lors de la révocation de l'Edit de Nantes, il fut détruit à la suite d'un arrêt du Conseil d'Etat du roi en date du 20 août 1685. C'est le 29 septembre de la même année que Jean Sabran, archer et garde de la maréchaussée, se transporte à Congénies et "inthime et signifie le jugement" au sieur Estienne Bénézet, ancien du consistoire. Les frais de démolition furent couverts par la vente des matériaux et certaines pierres furent réutilisées pour réparer l'église. L'encadrement de sa porte a été démonté puis remonté sur la nouvelle façade de l'église lors de la restauration et l'agrandissement de cette dernière à partir de 1686 .
Le temple actuel fut édifié grâce à la mobilisation de la communauté protestante de Congénies entre 1817 et 1818 sur un terrain donné à cet effet par un dénonmé Coudougnan ou Codognan, ce qui explique qu'il soit encore aujourd'hui un bâtiment privé. D'allure particulièrement sobre , il est le premier temple a avoir été reconstruit en Vaunage. Sa grande façade néo-classique est encadrée de pilastres, de bandeaux de pierres et de chainages d'angles. Elle est surmontée d'un large fronton triangulaire à corniches surmonté
d’un clocher-pignon abritant la cloche de "la Concorde". A l'origine , au-dessus de la rose, au sein de ce fronton , mais aujourd'hui presque complètement effacé, se trouvait un cadran solaire dans de jolis tons ocres.
Dimenssions extérieures : 21 x 15 m ; surperficie de la toiture : 320 m2
A l'intérieur, le bâtiment forme un vaste quadrilatère de 20 mètres de long sur un peu plus de 13 mètres de large pour une surface au sol couvrant 260 m². Il possède un impressionnant plafond à caissons en stuc qui s'élève à 7 mètres dissimulant trois énormes poutres transversales d'une portée remarquable de 13 mètres. A l'origine, il possédait 24 bancs de bois (deux exemplaires subsistent le long du mur en entrant à gauche) et une centaine de chaises pouvant accueillir prés de 300 personnes. Rappelons qu'entre 1830 et 1850 le village a compté un peu plus de 1000 habitants dont plus de 70 % était de confession protestante ce qui explique les dimensions de cet édifice plus grand que l'église.
La construction subit cependant, assez rapidement, des mouvements qui provoquent d'importants désordres sur la structure même de l'édifice. Ainsi , dés 1848 , la municipalité doit faire appel à l'architecte départemental Bourdon afin de procéder à d'importantes réparations sur le plafond à caissons . Puis à nouveau en 1881, le conseil presbytéral fait parvenir à la municipalité une note dans laquelle il est indiqué que "par suite des gouttières dans le toit, le plafond du temple s'est percé à un endroit. De plus, il existe des lézardes sur les façades sud et ouest qui compromettent la solidité du temple". Deux architectes ; Gay et Poinsot effectuent des relevés en 1884 dans lesquels ils soulignent l'urgence des réparations à effectuer : "Il résulte que deux caissons du plafond doivent être refaits, deux autres réparés ainsi que les corniches en très mauvais état". Ils confirment également l'apparition des lézardes. Ce n'est qu'en 1886, après acceptation du devis et des plans de travaux par le préfet du Gard, que l'architecte départemental Poinsot est chargé des travaux à mener, dont aujourd'hui encore on peut remarquer les traces. A l'issue de cette restauration, la devise républicaine est inscrite en lettres noires dans l'encadrement de la rose de la façade sud (comme à l'église où l'inscription a disparu).
Le pasteur Pierre Farel , figure emblématique de l'église réformée de Congénies durant la seconde moitié du 19ème siècle . Outre sa sépulture toujours entrenue au cimetière , ses paroissiens lui offriront un groupe statuaire en régule , gage de leur attachement et de leur reconnaissance au début du 20ème siècle .( Fond d'archive église réformée de Congénies ) .
Si le temple possédait un petit clocher depuis 1818, aucune cloche n'y avait été installée faute de moyens . Les paroissiens lancèrent une souscription seulement en 1890. Celle-ci - assortie d'un concours de la municipalité - permit d'acquérir une cloche qui fut appelée 'La Concorde". Fondue par les ateliers Eugène Baudouin de Marseille, elle pèse 150 kg et porte l'inscription : "Paix sur la terre. Gloire à Dieu. 1890 " Elle fut acheminée par la nouvelle voie de chemin de fer et mise en place en 1892.
Le temple de Congénies vers 1900 .
En 1905-06, lors de la séparation des Eglises et de l'Etat, aprés un inventaire exhaustif , la propriété du temple passa du Conseil presbytéral concordataire à l'association cultuelle nouvellement créée. Au cours du XXème siècle diverses réparations sont réalisées pour conserver au lieu sa destination première et perpétuer le témoignage des premiers donateurs.
Si la réfection de la toiture, en 1989, a été prise en charge par la municipalité, ce furent les paroissiens qui, en 1995 , sous l'impulsion d'un pasteur retraité, M Cao , entreprirent une nouvelle tranche de travaux destinés à mettre un terme à la lente dégradation des lieux. Le plafond a été restauré et repeint comme l'ensemble des murs intérieurs . A cette occasion la chaire a été descendue et placée sur une estrade ce qui a permis d'établir dans le mur du "chœur" une grande ouverture vitrée en alignement avec la fenêtre de la sacristie, d'où le regard embrasse la garrigue du Montadou et la colline de Laurisset.
Le temple avant les travaux de 1995 .
Enfin, en 2002, grâce à la municipalité, le clocher a été entièrement restauré et a retrouvé sa stabilité alors compromise. La cloche, replacée sous ses crochets à têtes humaines, peut à nouveau être utilisée en toue sécurité.
En 1923 est procédé à l'acquisition de l'actuel presbytère, dans une maison du 19ème siècle ( 1865 ) à coté des écoles, sur la route de Sommières. Auparavant, ce dernier était situé en haut de la place du Jeu de Paume. Longtemps surnommée "le templet", sa porte d'entrée est surmontée d'un fronton triangulaire portant la date de 1876 .
( Notice établie à partir d'une brochure de l'Eglise Réformée de Congénies et des recherches de Loïc Vannson ) . Remerciements au conseil presbytéral pour la communication des photos de la cloche .
La cloche de La Concorde " Paix sur la terre , gloire à Dieu " , Eugène baudouin fondeur à Marseille 1890
Les crochets du suspensions à têtes d'hommes barbus .
Vues de l'intérieur du temple :
Signalons, enfin, que le temple , sous certaines conditions , peut devenir temporairement un lieu de concerts ou d' expositions . Se renseigner , au préalable , auprés du conseil presbytéral .
Le temple de congénies acceuillant un concert
01 mars 2008
L'église Notre-Dame et Saint André de Congénies
Loïc Vannson a écrit une nouvelle étude, beaucoup plus complète que la précédente, sur l'église de Congénies. Nous sommes heureux de la publier ci-dessous.

Inscription par arrêté ministériel du 6/12/1949
L'église de Congénies a pour caractéristique principale dans une région qui, durant près de 400 ans, fut très largement dominée par le protestantisme, d'être de dimensions relativement importantes par rapport à celles des autres villages de la Vaunage (avec 200 m2 au sol et une capacité d'accueil maximale de 200 personnes , c'est la seconde en superficie après l'église St-Saturnin de Calvisson, à laquelle elle ressemble d'ailleurs beaucoup, le même architecte les ayant restaurées à la fin du XVIIème siècle ) . Les hauts contreforts entre chaque travée, les grandes baies de style gothique de l'édifice, élevé sur une esplanade surplombant l'avenue principale, lui confèrent un aspect monumental. le vaisseau mesure 30 mètres de long sur prés de 10 mètres de large . Mais en aucun cas, en l'état actuel, elle ne peut être qualifiée de "fortifiée". De l'édifice roman du 12ème siècle, intégré effectivement à un système défensif au 14ème siècle ( le quartier dit du "Fort" ) , ne subsistent que les soubassements et une partie des murs des trois travées de la construction d'origine à partir du chœur . Les hauts contreforts qui entourent l'édifice ne furent ajoutés que par la suite pour éviter un devers des hauts murs vers l'extérieur ( ils sont d'ailleurs plus nombreux sur la façade nord, signe, sans doute, de désordres structurels au niveau du sol à une époque ). Intérieurement la nef mesure vingt huit mètres de long sur sept mètres de large et se compose de cinq travées. La hauteur des voûtes sur croisée d'ogives atteint 10,50m et l'épaisseur moyenne de ses murs est de 1,20m . Les deux travées du choeur pouraient avoir été remaniées dans le style gothique tardif au début du 16ème siècle ...
Autre singularité, l'absence de baies sur la façade nord. Deux hypothèses : des constructions adossées à l'édifice primitif ont pu interdire leur percement ou, plus simplement, dans un pays où le vent dominant est de secteur nord , on a pu préférer rester à l'abri des assauts du Mistral, surtout l'hiver, qui aurait envahi tout l'édifice d'autant que, faute de moyens, les baies des églises de villages ne possédaient pas systématiquement de vitraux à l'époque ( tout au plus on utilisait des verres très simples ou même des peaux huilées ). De toutes manières , dans un pays à l'atmosphère souvent trés lumineuse , la multiplication des ouvertures n'était pas nécessaire . On notera qu'il manque également une ouverture dans la travée du milieu côté sud. Mais là l'explication semble plus simple. Les 3/4 de la troisième travée constituaient, jusqu'en 1686, l'extrémité ouest de la façade de l'église "primitive" romane, appareillée en blocs de grande taille. De 1686 à 1687, lors de l'adjonction des deux travées supplémentaires, sans doute pour ne pas compromettre la stabilité de l'ensemble de la nouvelle façade, renforcée d'ailleurs au moyen de grands contreforts, et certainement aussi, par souci d'économie, on a dû préférer ne pas toucher à cette "travée de raccord" très porteuse.
Mentionnée pour la première fois en 1156 sous le vocable de Sainte-Marie dans une bulle du pape Adrien IV en même temps que la seconde église paroissiale de Saint-André située 500m à vol d'oiseau à l'ouest du village, la construction primitive fut intégrée à un système défensif au XIVème siècle ( "Le Fort", sur le modèle d'une petite "bastide" castrale ). A cet effet, un rempart et des douves sont aménagés en 1367 pour mettre à l'abri des pillards les communautés de Congénies et celle de Saint André alors extra muros. Notons d'ailleurs la présence de restes de peintures murales polychromes médiévales au niveau des deux dernières travées du chœur (sous les peintures XIXème et XVIIème) figurant une représentation à l'Antique de colonnes cannelées à chapiteaux ioniques dans des tons ocre rouge, terre de Sienne - jaune, rehaussées de filets noirs . Peut-être sommes nous en présence d'un litre funéraire en hommage au seigneur Nogaret de l'époque .... Des recherches plus abouties permettraient de dater plus précisément cette réalisation ainsi que sa destination exacte.
L'église va être saccagée à de nombreuses reprises au cours des guerres de religions opposant catholiques et protestants notamment une première fois en 1559. En 1616 elle subit de nouvelles dégradations, le curé Roussel y trouve une muraille démolie et l'autel brisé... Une enquête menée en 1622 dresse un rapport alarmant sur le délabrement de l'édifice et indique que le presbytère est en ruines le curé devant réunir ses fidèles dans une maison louée à cet effet. Dans ces conditions le chapitre de Nîmes exerce des pressions sur les habitants, notamment en 1667, afin qu'ils reconstruisent l'église. Ce sera chose faite en 1670 grâce au legs du chanoine Fabre. Le bâtiment sera consacré le 16 juin. L'évêque Séguier, en visite pastorale en 1674, trouve une "église fort jolie" mais constate que les catholiques ne sont que sept ou huit face à des protestants en grand nombre.
Pourtant récemment rénovée l’église subit des modifications de grande ampleur . Afin d'accueillir les "nouveaux convertis" protestants (de force) après la révocation de l’Edit de Nantes (1685), l'église est allongée de deux travées vers l'ouest avec la démolition d'une partie de l'ancien rempart. La campagne de ces importants travaux dont le montant s'élève à la somme importante de 1150 livres est confiée en 1686 et 1687 à l'architecte diocésain de renom Gabriel Dardaillon alors que celui ci est en pleine construction du pavillon central du château d' Aubais, à trois kilomètres de Congénies. À cette occasion, l'ancien temple protestant datant du XVIème ou XVIIème siècle, situé sur l'actuelle place du Peyron, est démoli sur ordre
de Louis XIV, comme tous les temples réformés. certaines de ses pierres servent d'ailleurs à l'agrandissement de l'église à titre de "dommages et destructions perpétrés par les protestants". L'encadrement de la porte de ce temple exécuté "sommairement" dans le goût de la "Renaissance tardive" voire Louis XIII à décor de bossages plats et encadré , à son sommet, de deux chapiteaux de style ionique de la fin du 16ème ou du début 17ème, est remonté sur la nouvelle façade de l'église où l'on peut encore l'admirer de nos jours. Il est alors surmonté d'une niche en cul-de-four , redécouverte à l'occasion des travaux de 1951-52, qui devait abriter à l'origine une statue de la Vierge. Un fronton sclupté triangulaire surmontait cette porte .
L'intérieur de la nef est décoré sur la totalité de ses murs, vraisemblablement à la même époque (fin du 17ème ou début du 18ème), de fresques récemment redécouvertes mais fort dégradées, qui représentent des grands motifs constitués de rinceaux de feuilles d'acanthe, de draperies ou tentures, de guirlandes et bandeaux, de faux marbres encadrés, le tout en trompe-l'oeil au niveau de la seconde travée en partant du chœur. Elles sont d’un superbe fond de couleur parme foncé dans la travée du milieu avec un encadrement brun mouvementé dans la partie haute. Enfin, dans les 4ème et 5ème travées, on trouve des grandes bandes verticales en alternance aux couleurs ocre jaune orangé, rouge parme, gris, pastels, cernées de traits noirs avec des sortes de médaillons ou cartouches à leurs bases aux formes d'enroulements de végétaux dans des tons bruns. Ces médaillons ovales comportent des inscriptions et messages de couleur verte pour celui mis à jour. Le tout est très bien rythmé dans le style baroque en vogue à cette époque. La palette de couleurs chaleureuses utilisée pour l'ensemble de l'édifice est donc particulièrement harmonieuse avec l'emploi, nous l'avons vu, d'ocres jaunes, d'orangés, de rouges, de bruns, de touches jaunes, rouges et bleues qui rehaussent des pétales de fleurs et des feuillages au niveau de la seconde travée. Dans son état originel, cette oeuvre devait être du plus bel effet et mériterait, sinon une restauration ou restitution complète étant donné l'état des enduits, tout du moins un relevé mené de manière sérieuse avec un décroûtage maximal du décor recouvert afin de le faire apparaître dans sa totalité et donc son unité, de découvrir d'éventuelles autres inscriptions qui pourraient se révéler très précieuses pour l'histoire de l'édifice.
Bien que tardives, les nouvelles voûtes sont cependant réalisées à la même époque sur croisées d'ogives, certainement dans un souci d’unité par rapport aux deux travées d'origine ( cet élément est précisé dans le prix fait de Dardaillon ). Les réalisations multiples de Dardaillon nous montrent d'ailleurs qu’il connaissait et maîtrisait parfaitement bien la technique ( comme le prouve le dôme du pavillon central du château d'Aubais et les nombreuses autres restauration d'église qu'il a réalisé. )
Quelques vues de l'intérieur de l'église et de ses voutes .
Le 17 décembre 1703, l'église est à nouveau vandalisée et en partie incendiée par Jean Cavalier à la tête des Camisards poursuivis sans relâche par les troupes royales. Les murailles et portes de l'ancien fort sont, pour la plupart, définitivement abattues, un office est célébré dans l'église saccagée dont le mobilier finit par être brûlé pour célébrer leur victoire l'aprés midi même à la Roque d'Aubais , au bord du Vidourle , sur les troupes royales .
Le clocher :


En 1759, la commune décide de l'édification d'une tour clocher réalisée en bugets de pierre tendre ( Junas ) . Beffroi communal d'une hauteur de 15 mètres, attenant à l'église, à la terrasse duquel on accède par un très bel escalier à vis à l'enroulement particulièrement gracieux. Cette tour est surmontée d'un campanile de forme pyramidale assez élancée haut de 6 mètres, très sobre, en fer forgé riveté, terminé par une girouette ( figurant un drapeau à deux flammes, toujours opérationnelle aujourd'hui ) surmontée elle même d'une croix très simple en fer forgé de la même époque. Ce campanile supporte de nos jours, une très belle cloche parrainée par Anne Joseph de Louet de Nogaret de Calvisson. Il résidait à l'époque au sein du trés raffiné château de Marsillargues. Cette cloche est suspendue au centre du campanile au moyen de six grands "crochets" de bronze figurants de magnifiques têtes d'hommes barbus.
D'après les textes anciens de la fin du XVIIème siècle, la façade principale de l'église était, depuis 1686, surmontée d'un clocher pignon à deux baies abritant chacune une cloche. Ces deux cloches ayant été transférées au sein du nouveau campanile, on pense que ce premier clocheton a logiquement disparu à la même époque. L'une de ces deux cloches a également disparu dans l'opération, peut être refondue, comme cela se pratiquait assez souvent lors de grands évènements comme justement la construction d'un nouveau clocher, pour donner la cloche que nous connaissons aujourd'hui dont voici quelques vues inédites . Elle fût parrainée par Anne Joseph de Murat de Louet de Nogaret , seigneur notamment de Congénies et qui résidait , à l'époque , au sein du château de Marsillargues . Son maître fondeur est Jean Poutingon , originaire de la région de Montpellier
Dimensions de la cloche :
diamètre à la base : 84 cm
hauteur au cerveau ( partie supérieure de la cloche ) : 57 cm
hauteur à l'anse mère de couronnement ( crochets ) : 78 cm
millésime : 1759
maître fondeur : Jean Poutingon
Signe particulier : présence d'un lézard moulé au naturel
En exclusivité , les premières vues de la cloche ci dessous






La croix du clocher culmine à 21 mètres au dessus du sol de la rue de l'église . ( rajouter 2 mètres au niveau de l'avenue en contrebas ) Juste au dessous , la girouette en forme d'oriflamme , indique la direction des vents depuis 250 ans ...
Sur sa face sud , le clocher possède un ancien cadran solaire ainsi qu'une inscription pour le moment indéchiffrable au sein de la corniche en doucine du parapet surmontant directement le cadran d'horloge actuel .
Réaffectée un temps au culte protestant et aux cérémonies civiles sous la Révolution , elle est vidée de son modeste mobilier . Une de ses deux cloches est également descendue du campanile en 1794 et fondue pour participer , notamment , à l'effort de guerre et la pénurie de métal. L'église est finallement rendue aux catholiques le 6 août 1800 (contrairement aux églises de Boissières, Nages-et-Solorgues, Saint-Dionizy ou encore Langlade qui ne seront jamais rendues). Un service régulier est rétabli en 1807 et l'église érigée en succursale .
l'ancien presbytère , ( démoli en 1951 ) accolé aux deux travées les plus à l'ouest de l'église est rénové en 1808 ; en voici quelques vues au début du 20ème siècle :
La communauté catholique de Congénies devra cependant attendre la seconde moitié du 19ème siècle, sous le Second Empire pour procéder aux derniers aménagements intérieurs : statues en plâtre coloré, objets d'ornement et de culte commandés sur les premiers catalogues de vente par correspondance à des sociétés spécialisées, installation des vitraux du chœur figurant St-Pierre et St-André ainsi que la Vierge Marie et St-Joseph (auprès d'un atelier montpelliérain en 1864-65), nouveau maître-autel en marbre blanc et dorures (vers 1855) auquel étaient adjoints deux autels latéraux dédiés à Notre-Dame-des-Grâces et à St Joseph, boiseries contre les murs du chœur (1870-1890) réalisées par le menuisier congénois Cabanel.
Candélabres multiples de style baroque, lustres néo-gothiques, Gloire en bronze doré et cuivre surmontant le maitre autel , ex-voto et autres objets liturgiques en tous genres décorent l'édifice de manière quelque peu surchargée comme il était de mode à l'époque. À cette occasion, de nouvelles peintures très colorées sont réalisées sur les murs de l'ensemble du chœur, dans le style "académique", alors en référence, que constituait le gothique du 13ème siècle, souvent revisité comme à l'église St Pons de Sommières ou encore à l'abbaye de St-Michel-de-Frigolet pour ne citer que les exemples locaux les plus frappants.
L'intérieur de l'église vers 1910 .
Les peintures à l'huile des années 1860 des murs du chœur sont malheureusement recouvertes de la couche de chaux évoquée ci-dessus et d'un faux marbre réalisé dans les années 1930. Ce décor, très dégradé lui aussi, était composé, pour les murs nord et sud, de blasons de couleur vert d'eau aux contours noirs comportant des motifs stylisés de fleurs vert foncé en alternance avec des croix de Saint André ocre orange, le tout se détachant sur un fond beige légèrement rosé. Le mur de l'abside était , quant à lui, recouvert d'une vive couleur parme sur laquelle se détachaient des formes de losanges qui comportent des traces de dorures (comme des étoiles stylisées). Le tout est ici encadré par des bandeaux vert d'eau, beige rosé et noir. En outre, deux frises en latin sont exécutées sur les murs nord et sud de ce chœur rappelant, notamment, le souvenir de l'ancienne paroisse disparue de Saint-André de Congénies. Ce décor est enfin complété d'une voûte céleste en bleu cobalt soutenu sur laquelle se dégagent des étoiles d'or au sein de la dernière croisée d'ogives surplombant le fond du chœur. ( voir étude sur les peintures murales ) .
En 1881, la commune doit faire appel à l'architecte départemental Poinsot pour d'importants problèmes de structure se font jour sur la construction : murs lézardés, voutes et toitures devenues dangereuses et laissant passer l’eau, problèmes d'humidité au niveau des murs. Un chantier de restauration est donc mené de 1882 à 1883 et il n'est pas interdit de penser que les récentes peintures du chœur aient été recouvertes de chaux à cette occasion, comme l'ensemble des murs de la nef, afin de rendre un caractère plus salubre au bâtiment. Au passage, à la fin des travaux, l'engagement républicain sans faille de la commune se manifeste dans la peinture en lettres sur la façade de la devise " Liberté-Égalité-Fraternité", précédée de la mention "Edifice public" (Il en sera d'ailleurs de même pour le temple réformé).
Le XXème siècle est marqué par de nombreux réaménagements intérieurs pas toujours heureux (1932 voit l'exécution de l'actuelle peinture en faux marbre qui orne encore le chœur et la réalisation du sol et des soubassements des murs de la nef en béton et ciment) qui feront disparaître la quasi-totalité des éléments de décoration du siècle précédent. L'action la plus marquante reste heureusement la démolition de l'ancien presbytère ou "cure" datant du début du XIXème siècle devenu vétuste et dangereux et de la sacristie du milieu 19ème qui étaient accolés à la façade sud du monument, le masquant en grande partie (notamment les deux baies de style gothique des travées les plus à l'ouest qui étaient en partie obstruées). L'architecte départemental Henri Floutier mène cette campagne de grands travaux et de réhabilitation de 1951 à 1952 (il est l'auteur, entre autres, à Congénies, de l'ancienne cave coopérative en 1929-32, du foyer communal et des anciens bains-douches en 1937-38). Par cette opération d'envergure, l'église est enfin dégagée sur toute la longueur de sa façade sud. Les pierres sont jointoyées laissant apparaître les parties les plus anciennes, un agréable parvis est aménagé en lieu et place du presbytère et de l'ancienne sacristie où trône aujourd'hui l'olivier de la Liberté planté à l'occasion du bicentenaire de la Révolution de 1789 ( pour l'an
ecdote, symbole par excellence de la République, l'arbre occupe ce qui fût l'ancien petit jardin du curé...). A l'intérieur de l'église, les grilles de protection du chœur sont déposées, les autels latéraux disparaissent, une nouvelle sacristie est construite au nord de l'édifice.
En ce qui concerne le clocher, l'ancienne horloge mécanique est remplacée par un système automatique électrique en 1957 avec l'installation d'un nouveau cadran perçé dans le cadran gravé du 18ème siècle ... ( il faut bien l'avouer fort disgracieux, à structure de fer et de verre peint ,aujourd'hui très abîmé et rouillé, pour permettre l'éclairage nocturne. Le tout inséré dans un encadrement rectangulaire en béton qui défigure quelque peu la tour mais à l'époque, une horloge électrique constituait une avancée technologique non négligeable). Il laisse cependant apparaître les restes de l'ancien cadran rond en pierre gravée du 18ème siècle qui mériterait d'être restauré tout comme le cadran solaire de la face sud au dessus du toit de la nef. A noter que ces deux éléments comportent des traces de polychromie .

Deux années séparent ces clichés ; le boitier en ciment dans lequel est inséré le cadran s'est fortement dégradé .
Les campagnes de restaurations en ce début de XXIe siècle :
Un manque général d'entretien des structures du monument par faute de moyens et l'emploi de matériaux inadéquats lors de petites interventions successives ( tels les ciments ou bétons sur les murs , les soubassements , les sols intérieurs ou extérieurs ) ont conduit à élaborer un vaste programme de réhabilitation, de sauvegarde et par conséquent de mise en valeur de l'édifice articulé en trois phases.
Pour commencer, la toiture de 280 m2, très vétuste et qui n'était plus étanche, a été totalement refaite au printemps 2000 .
La seconde tranche des travaux a débuté à l'automne 2007 pour s'achever au printemps 2008. Elle a pour but de s'attaquer à la façade nord de l'édifice (notamment son étanchéité au niveau du sol) dont les soubassements sont enterrés depuis fort longtemps sous prés de deux mètres de gravats et de terre provenant d'anciennes constructions aujourd'hui disparues. A cette occasion un accès pour personnes à mobilité réduite sera aménagé au moyen d'une nouvelle porte latérale percée dans le mur nord. En outre, les vitraux de la fin du XIXe siècle, sur la façade sud ainsi que la rose ouest, ont été déposés et ont fait l'objet d'une restauration complète. Au moment de leur réinstallation, ils seront dorénavant protégés des agressions extérieures par la pose de grandes baies en PVC à armature de fer. Il en est de même pour les quatre baies géminées de style gothique les accueillant, dont les structures en pierre de Mus, trop abîmées après examen, ont dû être en grande partie restituées d'après les modèles originaux et remplacées ( retaillées en pierre de Junas ). Elles aussi sont désormais protégées par les nouvelles baies en PVC .
La dernière phase de ce vaste chantier concernera la partie certainement la plus délicate : la restauration de l'intérieur de la nef dont les restes des peintures murales, certes très dégradées, couvrant trois étapes fondamentales dans la compréhension historique et pédagogique de l'aménagement de l'édifice (XIVème, XVIIéme et XIXème siècles), sont menacés d'une disparition pure et simple dans l'indifférence générale. Cette perspective est d'autant plus alarmante qu'aucune étude véritablement sérieuse et surtout poussée n'a été menée à ce jour ( seul un simple et rapide sondage des murs, au rapport très expéditif et laconique, rempli d'inexectitudes historiques a été réalisé en 2000 ). D'où des conclusions hâtives peu favorables de ce cabinet d'expertise sur l'intérêt de la sauvegarde de ces décors. Une troisième étape, dont la date est encore à préciser, mais qui risque fort de soulever de nombreuses polémiques.on notera cependant , et celà est une excellente nouvelle , que ce chantier se fera sous la responsabilité d'un architecte des monuments historique . A suivre ... A cette occasion , nous demanderons , si celà est possible , la réouverture de la fenêtre est de l'abside ...
Nota : Le clocher et son campanile dont le phénomène logique de torsion s'accélère devraient également faire l'objet de restaurations avec l'installation trés souhaitable d'un paratonnerre .
On remarque, dans le mur du chevet, les traces supposées d'ancrage de l'ancien rempart et, au haut ,à la droite de celles-ci, une pierre grise finement sculptée connue sous le nom de "l'entrelacs à trois brins carolingien". Elle provient peut-être d'une église plus ancienne.
20 février 2008
La maison d'assemblée quaker de Congénies et son cimetière
Façade néoclassique de la maison d'assemblée Quaker , 1822 .
C'est à Congénies que l'on trouve l'unique exemple en France et en Europe continentale de l'installation d'une communauté quaker à la fin du XVIIIème siècle ( fondée officielement en 1788 mais en "gestation" depuis le milieu du 18ème ). L'édifice cultuel , à la sortie est du village , est construit en 1822 grâce à un legs d'un "ami" quaker ( large fronton néo-classique à corniche et porte à bossage ). Le "temple quaker" comme on le nonmera longtemps à Congénies restera en fonction jusqu'en 1907. Un cimetière est aménagé dans le jardin sur le modèle anglo-saxon de 1830 à 1890 ; de simples stèles sont plantées dans la terre. Au cours du XXème siècle l'édifice est transformé , un temps , en hôpital mimitaire pour les les bléssée de la Grande Guerre de 1914-18 puis en maison d'habitation en 1954 . Le cimetière, qui a servit de dépôt de munitions pour la Wehrmacht, a été quelque peu malmené lors de l'occupation allemande pendant la seconde guerre mondiale.
Retour sur les conditions d'implantation d'une communauté quaker à Congénies :
Il est important de rappeler ici que ce mouvement est , à l'origine , totalement indépendant de la diffusion des idées sur le quakerisme véhiculées , à l'origine , par son fondateur William Penn, aux Etats Unis d'Amérique puis en Angleterre aux 17ème et 18ème siècles . Il faut revenir sur la période dite de la " Guerre des camisards " ( 1702-1704 ) pour bien saisir la nuance qui caractérise la naissance progressive d'un nouveau courant de pensée au sein du protestantisme . En effet , les méthodes violentes employées par les camisards à l'endroit du pouvoir royal et, plus largement, du catholicisme , sont condamnées par certains protestants . Des prophètes et prédicants vont ainsi se manifester en Bas Languedoc et officier tout au long du 18ème siècle . Il s'agit ici d'une forme de discenssion de principe sur la forme , car , dans le fond , la lecture des textes bibliques demeure . Ce n'est qu'à la fin du 18ème siècle , aprés l'établissement de plusieurs contacts extérieurs et divers voyages , dont l'intervention décisive de Jean de Marcilhac , et le constat de nombreux points communs ( notamment au sujet du pacifisme ) qu'est fondé , à Congénies , le premier mouvement français officiellement rattaché au quakerisme en mai 1788 .
C'est en 1821 que Louis Antoine Majolier et Antoine Nourrit cèdent , chacun, un terrain sur lequel va être édifié entre 1821 et 1822 la maison d'assemblée quaker que nous pouvons voir , encore aujourd'hui, sur l'avenue bien nonmée des quakers grâce à la donation d'un "ami" américain . Un bâtiment pouvant acceillir 175 personnes , attenant à la maison Majolier et à l'ancien parc "Majolier-Jaulmes" de "Bel Ombre". En ce début de 19ème siècle , il y a 33 familles quakers à Congénies , soit environ 90 membres , et à peu près 130 personnes originaires de bourgs alentours , de Quissac à St Gilles .
A droite , détails des pierres en bossage arrondi de la porte
La maison Majolier puis la maison Quaker vers 1900
A la suite de l'installation dans le village, depuis quelques années, d'un nouveau groupe quaker, le lieu a retrouvé sa vocation. Restauré avec le concours des mouvements quakers anglais et français il peut servir à l'organisation de rencontres, conférences et séminaires divers. Le culte quaker y est régulièrement célébré et Congénies est devenue le centre de la branche française de la communauté.
(à partir d'un texte de Loïc Vannson)
Photos du cimetière quakers à l'anglaise :
certaines pierres tombales se dégradent rapidement ...



































































































