30 mars 2009
Un fou à Congénies en l'an IV
L'histoire n'est pas faite que de grands événements, a fortiori dans un village. Les petits incidents permettent eux aussi de comprendre les mentalités ainsi que les difficultés de la vie locale. En témoigne cette lettre adressée par le corps municipal de Congénies à Rebuffat, procureur du district de Sommières le 14 brumaire an IV, c'est à dire le 5 novembre 1795. (Archives du Gard, cote L 1630 ; la transcription respecte la graphie et la ponctuation).
"Congénies ce 14e brumaire an 4e Republicain
Citoyen
Le citoyen pierre Rabinel, de cette commune, a depuis environ quatre mois, de temps en temps, des excès de folie, au point qu'il se met en chemise, court les rues, frappe, et donne des coups aux uns et insultant les autres. dernièrement il a donné un coup de pierre à un enfant qui a failli fendre la tête, on nous l
'a dénoncé. Nous avons cru l'arrêter, nous l'avons fait mettre dans une chambre de cette commune. nous vous prions, citoyen de vouloir bien nous dire, comment nous devons nous comporter, au sujet dudit Rabinel, devons nous le garder ou bien le relaxer.
salut et fratenité.
Jaulmes off ml Farel p.D.l.c.
Nourrit offm benezet off ml (1)
J Coudougnan maire"
(1) Les abréviatoins signifient "officier municipal" et "procureur de la commune". Sous la date figure la mention "R. le meme jour le 15"
Reste à trouver la réponse à cette lettre. Elle existe peut-être dans la correspondance du district (série L des ADG).
Pour nous replonger un peu dans la "grande histoire", indiquons que nous sommes alors aux tout premiers jours du Directoire et que, le même jour, Lakanal faisait rapport au conseil des Cinq-Cents sur les livres élémentaires destinés à l'instruction publique.
25 mars 2009
Le cahier de doléances de Congénies en 1789
Comme toutes les communautés de France, celle de Congénies fut invitée en 1789 à rédiger un
cahier de doléances et à élire deux députés qui, avec leurs collègues des autres communautés réunis à Nïmes, devaient élire les députés de la sénéchaussée de Nîmes aux Etats-Généraux convoqués pour le mois de mai à Versailles par le roi. La réunion permettant de procéder à cette double opération se tint le 11 mars 1789. On trouvera ci-dessous le contenu et la reproduction de la première page de ce cahier que l'on peut consulter aux archives du Gard (cote C 1198). La photo ci-contre montre les signatures des habitants de Congénies - qui devaient être français âgés de 25 ans et inscrits au rôle des contributions - qui ont participé à cette réunion.
Cahier de plaintes, doléances et remontrances
de cette communauté de Congénies, tenue dans l'hôtel de ville dudit lieu,
en vertu de l'ordonnance de M. le sénéchal de Nîmes
en date du 27 février 1789.
1 - La communauté réclame que la nobilité des fonds soit abolie dans la province de Languedoc, et que les impositions royales soient réparties sur tous les biens, sans distinction de biens et de personnes ;
2 - Que toute les dépenses provinciales, diocésaines et municipales soient également payées par tous les possesseurs, relativement à l'utilité et profit qu'ils pourront en retirer ;
3 - Que trois charges différentes ne puissent pas, à l'avenir, être réunies sur une même tête, ainsi qu'on le voit aux environs, telles que bailli, notaire royal, commis au au bueau du contôle des actes, consul, etc., ce qui cause, non seulemnt un très grand préjudice à d'autres gens d'affaires, mais encore à tout le public. Du tout on prie de ne pas perdre de vue et d'y remédier ;
4 - Réclamer encore l'appui des Etats généraux pour obtenir une nouvelle constitution et un nouveau plan d'administration pour les Etats de la province de Languedoc, auquel effet les députés des trois ordres de ladirrte province y seront librement élus et s'assembleront pour délibérer sur ladite nouvelle constitutio et nouvelle administration ;
5 - Que, conformément aux nouvelles lois de l'Eglise, et à la destination primitive de ses revenus, les prieurs ou décimateurs soient obligés de laisser, dans les paroisses où ils percevront leur dîmes ou autre revenus, une portion desdits revenus, pour fournir à la subsistance des pauvres ;
6- Que les décimateurs, qui perçoivent la douzième partie de tous les fruits, doivent être tenus de fournir le nécessaire au curé , et par conséquent, que le casuel soit pour toujours aboli ;
7 - Que la dime à la cote douze étant trop forte, ou qu'elle est perçue deux fois sur une même pièce, comme blé et huile, ce qui emporte presque tous les fruits du cultivateur ; en sorte que al communauté réclame que cette dime ne soit perçue que sur une seule récolte, et sur un pied moins fort ;
8 - Que pour favoriser le commerce de l'eau de vie de La Vaunage, la communauté demande qu'il soit établi un inspecteur pour agréer les eaux de vie, au port de Lunel, ainsi que l'esprit de vin ;
Ce qui a été fait et tenu dans l'hôtel de ville dudit lieu le 11 mars 1789.
Signatures : Lombard consul, Brignolle consul. Barnier greffier, Guérin,Doumergue, Farel, Delord, Jaulmes, F. Roussillon, Rabinel, Barnier, Vermeil, J. Codognan, Vermeil, F. Jaulmes, Fages, Dermenon, Bernard, Moline, Jaumes, Daniel Guérin, Bénézet.
Ne varietur Nourrit, juge (1)
(1) Jean-françois Nourrit, juge du bailliage de Calvisson présidait la réunion. Il fut élu député à l'assemblée de sénéchaussée de Nîmes ainsi que Jean Barnier, ménager.
Extrait du livre de E. Bligny-Bondurand, archiviste du département du Gard, " Les cahiers de doléances de la sénéchaussée de Nîmes pour les Etats-Généraux de 1789" (Chastanier, Nîmes, 1908. Tome I, page 246).
L'auteur apporte les précision suivantes sur Congénies :
179 feux.
Le prieuré valait 1.500 l.
Congénies fut l'une des 19 paroisses qui formèrent, en 1644, le marquisat de Calvisson.
Le chapitre de Nîmes, le commandeur de Saint-Gilles y possédaient.
Oliviers, mûriers, vigne, blé, fourrages pâtis.
23 mars 2009
Destruction de l'église Saint-André
Nous vous avons déjà parlé de l'ancienne église Saint-André. Une lettre datant d'août 1790 trouvée aux archives du Gard (cote L 1630) apporte des précisions sur la disparion de cet édifice. On en trouvera ci-dessous la transcription (orthographe modernisée).
"Monsieur
Anciennement il y avait une paroisse appelée St André à deux portées de fusil vers le couchant de celle de ce lieu. A raison des guerres civiles qu’il y eut dans le temps, les habitants, pour se mettre à l’abri des insultes de ennemis, abandonnèrent leurs habitations et se transportèrent au lieu de Congénies, en sorte que l’église dudit St André comme étant un très beau et solide monument en resta une grande partie sans démolir, les maisons furent toutes détruites. Il se trouve aujourd’hui que certains habitants dudit Congénies, au lieu de conserver et respecter le reste des vestiges de cette église, vont non seulement tirer de la terre au dedans et au dehors de ladite église, continuant de la démolir et emportent les pierres au point que les ossements sont tous à découvert, exposés aux injures du temps. En conséquence je vous prie, monsieur, de me marquer si le procureur de la commune ne serait pas en droit de verbaliser contre ceux qui ont tiré et tirent de la terre et emportent les pierres et de faire condamner ainsi les... (illisible) La municipalité voudrait vendre le reste de cette église et le terrain sur lequel elle est construite qui peut contenir environ un quarton. Pourrait-elle le faire sans qu’il se passât rien ou bien faire défense aux habitants d’y aller toucher ? C’est ce que je vous prie de m’expliquer par un mot de réponse que je vous prie de me faire en l’adressant directement à moi.
En attendant cette complaisance, j’ai l’honneur d’être bien sincèrement, monsieur,
votre très humble et très obéissant serviteur.
Barnier greffier
Congénies 31août 1791"
Lettre adressée à
Monsieur Rebuffat, membre du directoire du district à Sommières.
Ce document apporte des précisions intéressantes. En 1790 l'église était encore debout, elle était entourée d'un cimetière. Reste à poursuivre les recherches pour savoir quelle réponse a été apportée à cette lettre.
22 mars 2009
A la découverte du patrimoine de Congénies
Le programme de découverte mis sur pied pour les 20 et 21 mars a été un peu perturbé et notre association vous prie de l’en excuser. En effet, la conférence prévue le vendredi soir – au cours de laquelle Loïc Vannson devait présenter l’inventaire du patrimoine communal qu’il vient d’achever – a dû être annulée à la dernière minute pour problèmes informatiques. Ceci n’a pas empêché une trentaine de personnes, parfois venues de communes voisines, de se retrouver au foyer communal, autour du verre de l’amitié offert par la municipalité, pour partager un moment convivial en espérant pouvoir profiter prochainement de la présentation annoncée.
Belle affluence par contre pour la visite de terrain du samedi 21 mars prévue à l’intention des habitants de Congénies bien sûr, mais aussi à celle des associations du secteur Vistre-Vaunage-Vidourle qui organisent les unes pour les autres des visites de leurs villages respectifs(1). Ce sont plus de cinquante personnes, dont une quinzaine venues de l’extérieur, qui se sont retrouvées à 14 heures 30 devant l’église. M. Michel Fébrer, maire de Congénies et plusieurs conseillers municipaux s’étaient joints au groupe.
Le groupe de visite sur la parvis de l'église .
Loïc Vannson a, bien sûr, présenté les trois « incontournables » que sont le temple, la maison quaker et son cimetière et l’église dont il a longuement décrit l’histoire et l’architecture ainsi que les fresques et peintures très détériorées (comme le montre la photo ci-contre) qui la décorent et qui méritent assurément une opération poussée d'étude pour une éventuelle sauvegarde
A l'ntérieur de l'église ...
Sur le chemin du retour , évocation de l'ancien village fortifiié . Station ici au niveau du foyer communal afin de contempler la fameuse pierre gravée d'entrelacs qui orne le chevet de l'église . ( photo Danielle Latty )
et devant la maison d'assemblée quaker
Le temps a manqué pour effectuer une visite complète du vieux village – notamment les quartiers de la Vermeillade et de la Portalade – mais de nombreux détails ont néanmoins pu être présentés et commentés : un remarquable puits sur quatre voutes dans une maison particulière du " Fort ", une coquille saint-jacques à l’angle d’une rue, des fenêtres à meneaux dont deux ogivales gothiques, une pierre peinte remontant au Moyen-Age, une tête de cheval sculptée sous le balcon d'un ancien relais des diligences, des balcons et façades , une gargouille canon…
Inventaire à la Prévert peut-être, mais qui pourrait être tellement plus long !...Une autre visite sera nécessaire.
1 - Une visite du quartier industriel de Sommières a été organisée le 24 janvier et une de Gallargues-le-Montueux le 28 février. Une visite d'Aujargues est prévue en juin.
20 mars 2009
Congénies et Compostelle
Les pèlerins qui se rendaient à Saint-Jacques-de-Compostelle par le "chemin d'Arles" ne passaient pas à
Congénies, qui n'était pas directement située sur ce chemin, mais plus au sud à Gallargues-le-Montueux. Et pourtant il subsiste à Congénies une trace du pélerinage. A l'angle de la rue Vieille Ecole et de la rue des Marchands, sur le bâtiment qui fut autrefois mairie et maison d'école, on peut voir une coquille saint-jacques. Discrète, inconnue de beaucoup, on ignore son origine. Provient-elle d'un réemploi ? Est-elle le souvenir d'un pèlerin venu de plus au nord et rejoignant le chemin principal par Congénies ? Ou plus simplement ne nous invite-t-elle pas à considérer que la notion de "chemin" ne doit pas être tenue pour strictement linéaire mais qu'elle correspondait plutôt à une "zone".
02 mars 2009
2000 visiteurs sur le blog
Si notre blog, aujourd'hui à 11 heures 45, a reçu 2014 visites, c'est hier, 1er mars 2009, que s'est manifesté son 2000ème visiteur. Ce sont 1450 personnes qui ont consulté 5576 pages en quatorze mois, dont 562 sont des habituées revenant à plusieurs reprises.
On compte parmi nos visiteurs des Américains, des Canadiens, des Allemands, des Algériens, des Marocains. Mais ce qui est intéressant, c'est d'observer que les questions sur les moteurs de recherche portent beaucoup plus souvent qu'avant sur "Congénies" ou" patrimoine de Congénies", ce qui traduit une meilleure connaissance de notre village et une plus grande curiosité à son égard.





