Au moment où s’achève la deuxième tranche des travaux de restauration de l’église, qui comportent notamment la rénovation des fenêtres, il est intéressant de publier le procès-verbal de la réunion du conseil de fabrique qui avait décidé la pose de ces deux premiers vitraux.

   "Délibération du conseil de fabrique à l’effet de placer des vitraux aux deux premières fenêtres de l’Eglise.

   L’an mille huit cent soixante quatre et le premier dimanche d’octobre, le conseil de fabrique duement convoqué immédiatement après le chant des vêpres de la paroisse, les marguilliers étant tous présents dans le salon du presbytère lieu ordinaire des séances, Monsieur Justin Teignon (1) a fait part à messie_glise_Cong_nie_t_St_Josephurs les membres du conseil du désir qu’il avait de voir l’Eglise s’embellir d’abord de deux vitraux pour les deux premières fenêtres du sanctuaire, savoir le premier vitrail devant représenter les deux apôtres St Pierre et _glise_Cong_nie_et_St_Andr__14_00_23St André, patron de la paroisse, le second St Joseph et la Ste Vierge. Monsieur le Curé a fait observer que c’était là une dépense de cinq cents francs, mais qu’il ne demandait qu’une somme de cent francs sur la caisse de l’Eglise, attendu qu’il avait déjà reçu la somme de trois cents francs des Paroissiens et qu’il offrait pour sa part une somme de cent francs sur sa bourse. Cette proposition a été acceptée avec satisfaction et vive reconnaissance par tous les membres du Conseil de fabrique à l’exception du seul François Lombard qui était absent lors de la délibération. Il a été convenu qu’on s’adresserait à Monsieur Bancel ( ?? voir note ) de Montpellier et que les vitraux seraient posés pour la fête paroissiale de St André.
   Procès-verbal de cette séance a été dressé et tous les marguilliers présents ont signé.
   Congénies, le premier dimanche d’octobre de l’an mille huit cent soixante quatre.
   Hébrard, Louis Teste, Hébrard, F. Charvadès, Taignon, prêtre, curé de Congénies"

Nota , bien que non signés , ces deux vitraux ( 1865 ) seraient de Fulcrand Brunet, maître verrier à Montpellier .

 

 Ci dessous , détails des figures de ces vitraux  et des verres colorés   au sein des sculptures à enroulements des remplages ( photos Loïc Vannson ).

 

 

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1 - Curé de Congénies de 1860 à 1872.

 

 

Les deux autres vitraux , à motifs géométriques de croisillons et grisailles , sont plus tardifs , de la fin du 19ème siècle selon Patrick Bulard qui vient de procéder à leur restauration ( Les archives ou factures concernant leur commande n'ont cependant pas été retrouvées à ce jour et ils pourraient être en fait beaucoup plus tardifs , car le bâtiment de l'ancienne cure obstruait ces baies au 3/4  jusqu'en 1951 ... ) .

 

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Enfin, comme déjà mentionné , la rose ouest est devenue un véritable vitrail de création récente par le maître verrier Patick Bulard de Saint Alexandre dont l'atelier se situe à côté de Pont Saint Esprit ( 2008 ) reprenant la forme déjà existante de la croix de Saint André , second patron de notre paroisse . ( l'ancienne rose , que vous pouvez apercevoir , n'etait qu'un simple assemblage de verres colorés sertis dans un encadrement de bois en piteux état ) .

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   Les photos ci dessous  représentent, après la restauration des réseaux de fenestrage et des vitraux eux mêmes, les vitraux dont il est traité dans le procès-verbal de la réunion de 1864. A l'extérieur de la fenêtre gauche du choeur, on remarquera que le vitrage de protection en polycarbonate Marklon n'est pas jointif dans sa partie inférieure. La différence avec la fenêtre voisine , pas vraiment esthétique, où cet espace apparaît beaucoup plus étroit, s'expliquerait par une différence de pente des embrasures d'origine ( un mortier aurait été ajouté en surplus lors de la précédente restauration de 1953,  d'où un problème de gabarit au dernier moment ... )

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 Plus regrettable et préjudiciable , pour ne pas dire assez étonnante pour un édifice inscrit aux Monuments Historiques est l'erreur grossière de sculpture  constatée par l'association 2 mois après la récéption des travaux , au sein de la croisée des meneaux de la fenêtre la plus à l'ouest de la façade sud ( datant de la fin du 17ème , à double croisillon , alors que les encadrements des fenêtres du choeur dateraient du début du 16ème et ne possèdent qu'un seul croisillon ... ) .    La photo de la fenêtre d'origine ainsi que la juxtaposition des différences de sculptures de ces fenêtres vous sont présentées ci dessous . L'association va donc devoir se charger de signaler cette erreur et de rédiger un dossier en plusieurs exemplaires auprés de la mairie et surtout des archives départementales du Gard et de l'evêché afin qu'aucune confusion stylistisque dans l'évolution de la construction du bâtiment ne vienne perturber des recherches futures ... Mais néanmois, outre cette erreur, les restaurations  sont satifaisantes contrairement au "pétassage" de l'atelier avignonnais en 1953, qui, avec une utilisation outrancière et visiblement mal maîtrisée d'un mauvais mortier de chaux, avait contribué à une forte dégradation de ces ouvrages ( réseaux de fenêstrages) en pierre de Mus particulièrement fragiles à ce type d'intervention .... 

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