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La place du Peyron , lieu sur lequel fut édifié le premier temple de l'Eglise Réformée de Congénies à la toute fin du 16ème siècle ou au tout début du 17ème .

 

Aux XVIème ou plutôt au XVIIème siècles existait, sur l'actuelle place du Peyron, un premier temple d'une superficie d'environ 160 mètres carrés comme en atteste un ancien compoix du village ( ancêtre du cadastre pour simplifier ). Une note à ce sujet ferait état de la date de 1561 pour sa construction , ce qui paraît trés tôt ... ( cet élément plutôt "fantaisiste" mérite une sérieuse vérification ; à moins qu'il s'agisse plutôt et vraisemblablement  du premier pasteur de l'Eglise Réformée de Congénies nommé Jean Rougier  ... ) . Lors de la révocation de l'Edit de Nantes, il fut détruit à la suite d'un arrêt du Conseil d'Etat du roi en date du 20 août 1685. C'est le 29 septembre de la même année que Jean Sabran, archer et garde de la maréchaussée, se transporte à Congénies et "inthime et signifie le jugement" au sieur Estienne Bénézet, ancien du consistoire. Les frais de démolition furent couverts par la vente des matériaux et de nombreuses pierres furent réutilisées pour agrandire l'église. L'encadrement de sa porte , à bossages plats et pilastres se terminant par de petits chapiteaux ioniques , a été démonté puis remonté sur la nouvelle façade de l'église lors de la restauration et l'agrandissement de cette dernière à partir de 1686-87 .

 

 

 

Copie__2__de_temple_de_Cong_nies___difi__de_1817___1818 Le temple actuel fut édifié de 1817 à 1818  grâce à la mobilisation totale ( souscription et même participation physique aux travaux, comme de nombreux autres temples alentours ) de la communauté protestante de Congénies. Il a été élevé sur un terrain acheté et mis à disposition pour les protestants de Congénies par le maire de l'époque Jean Guérin le 29 mai 1817 qui l'a  acquis auprès de Marthe Fourmaud , épouse de Jean Coudougnan  . D'allure particulièrement sobre , il est le premier temple a avoir été reconstruit en Vaunage après les lois concordataires du Premier Empire. Sa grande façade néo-classique  est encadrée de pilastres à bossages plats et lignes de refends, de bandeaux de pierres et de chaînages d'angles. Elle est surmontée d'un large fronton triangulaire à corniches surmonté DSCN0713d’un clocher-mur sur le pignon abritant la cloche de "la Concorde".  A l'origine , au-dessus de la rose, au sein de ce fronton , mais aujourd'hui presque complètement effacé, se trouvait un cadran solaire dans de jolis tons ocres.

Dimensions extérieures : environ 21 x 15 m ; surperficie de la toiture : plus de 320 m2

  A l'intérieur, le bâtiment forme un vaste quadrilatère de 20 mètres de long sur un peu plus de 13 mètres de large pour une surface au sol couvrant environ 260 m². Il possède un impressionnant et très grâcieux plafond à caissons en stuc à corniches , moulures et rosaces qui s'élève à 7 mètres au dessus du sol dissimulant trois énormes poutres transversales d'une portée remarquable de 13 mètres chacune qui sont soutenues par d'importantes consoles. A l'origine, il possédait 24 bancs de bois (deux exemplaires subsistent le long du mur en entrant à gauche) et une centaine de chaises pouvant accueillir prés de 300 personnes. Rappelons qu'entre 1820 et 1860 le village a compté un peu plus de 1000 habitants dont plus de 70 % étaient de confession protestante ce qui explique les dimensions de cet édifice plus grand que l'église. Comme de nombreux temples locaux il est construit par les prostetants eux mêmes, soit par dons, soit par participation directe aux travaux . Fait important, le maire, qui avait acquis le terrain en 1817, désire que le bâtiment devienne communal en 1824. Il procède ainsi à un acte de donation au profit de la commune par devant maitre Jean Louis Auquier notaire à Calvisson le 14 septembre 1824. Cette donation est confirmée et autorisée par ordonnance royale en date du 29 juin 1825 ; portée à la connaissance du prefet du Gard par lettre du ministère de l'intérieur en date du 9 juillet 1825, lequel est chargé de l'application définitive de cette donation.  Fait rarissime et avant gardiste pour l'époque... Cette affectation stipule, néanmoins, que le nouveau temple, doit rester logiquement , en premier lieu, un édifice dédié au culte protestant

Pourtant, lors de la loi de séparation des Eglises et de l'état en 1905 , durant l'enquête d'inventaire de 1906, la communauté se déclare dans l'impossibilité de fournir quelque explication à ce sujet .... ( papiers égarés à l'époque ? )

   La construction subit cependant, assez rapidement, des mouvements qui provoquent d'importants désordres sur la structure même de l'édifice. Ainsi , dés 1848 , la municipalité doit faire appel à l'architecte départemental  Gaston Bourdon afin de procéder à d'importantes réparations sur le plafond à caissons . Puis à nouveau en 1881, le conseil presbytéral fait parvenir à la municipalité une note dans laquelle il est indiqué que "par suite des gouttières dans le toit, le plafond du temple s'est percé à un endroit. De plus, il existe des lézardes sur les façades sud et ouest qui compromettent la solidité du temple". Deux architectes ; Gay et Poinsot effectuent des relevés en 1884 dans lesquels ils soulignent l'urgence des réparations à effectuer : "Il résulte que deux caissons du plafond doivent être refaits, deux autres réparés ainsi que les corniches en très mauvais état". Ils confirment également l'apparition des lézardes. Ce n'est qu'en 1886, après acceptation du devis et des plans de travaux par le préfet du Gard, que l'architecte départemental Poinsot est chargé des travaux à mener, dont aujourd'hui encore on peut remarquer les traces ( utilisation de tirants en fer pour contenir l'écartement de la façade principale notamment, mais aucun contrefort n'ai construit ). A l'issue de cette restauration, la devise républicaine est inscrite en lettres noires dans l'encadrement de la rose de la façade sud (comme à l'église où l'inscription a disparu également).

 

25011814 Le pasteur Pierre Farel , personnage érudit, figure emblématique et charismastique de l'Eglise Réformée de Congénies durant  la seconde moitié du 19ème siècle et au début du 20ème ; notamment lorsqu'il réunissait ses paroissiens sur le site emblématique des "Pins de Farel" en souvenir des temps du culte au désert notamment . Outre sa sépulture toujours entrenue au cimetière , ses paroissiens lui  offriront un important groupe statuaire en régule " intitulé Paix et Travail " avec dédicace de la communauté ( hélas dérobé en 2012 ), gage de leur attachement et de leur reconnaissance au début du 20ème siècle . ( Fonds d'archives Eglise Réformée de Congénies ) .

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   Si le temple possédait un petit clocher depuis 1818, aucune cloche n'y avait été installée faute de moyens . Après plusieurs tentatives infructueuses, les paroissiens, sous l'impulsion du toujours très dynamique pasteur Farel, lancèrent une  nouvelle  souscription à la fin des années 1880. Celle-ci - assortie d'un concours de la municipalité et de la préfecture - permit d'acquérir une cloche qui fut appelée "La Concorde". Fondue par les ateliers Eugène Baudouin de Marseille, elle pèse 150 kg et porte l'inscription : "Paix sur la terre. Gloire à Dieu. 1890 ". Elle fut acheminée par la nouvelle voie de chemin de fer et mise en place à la fin de l'année  1890 . La cérémonie se déroula par "une froide journée pluvieuse de décembre en présence d'une nombreuse foule ..."

  cpa_cong_nies_2_009 Le temple de Congénies vers 1900 . Au premier plan, un rouleau en pierre calcaire de dépiquage du grain ...

 

 

Temple_reforme Vers 1935

 

    En 1905-06, lors de la séparation des Eglises et de l'Etat, aprés un inventaire exhaustif , l'affectation du temple passa du Conseil presbytéral concordataire à l'association cultuelle nouvellement créée. Au cours du XXème siècle diverses réparations et entretients courants sont réalisés afin de conserver au lieu sa destination première et perpétuer le témoignage des premiers donateurs , ce qui constitue un point sur lequel les paroissiens sont aujourd'hui encore très attachés.

    Si la réfection de la toiture, en 1989, a été prise en charge par la municipalité,( la toiture "fatiguée" eut à souffrir en plus du violent orage du 3 octobre 1988 )  ce furent les paroissiens qui, en 1995 , sous l'impulsion d'un pasteur retraité bénévole , M Cao , entreprirent une nouvelle tranche de travaux destinés à mettre un terme à la lente dégradation intérieure  des lieux. Le plafond a ainsi été restauré et repeint comme l'ensemble des murs intérieurs . Les tristes peintures en faux marbre gris des consoles et celles en faux bois  du mur du fond ont été supprimées. Plus discutable d'un point de vue historique, le soubassement de la chaire, d'où prêcha notamment le missionnaire méthodiste Charles Cook dans les années 1820/30 a été démolie, sa partie en bois en demi cercle  descendue et placée sur une estrade ce qui a permis d'établir dans le mur du fond une grande ouverture plutôt esthétique vitrée en transparence et alignement avec la fenêtre de la sacristie, d'où le regard embrasse la garrigue du Montadou et , arrière plan,  la colline boisée de Laurisset.

2005_0101photoscong_nies1487 Le temple avant les travaux de 1995 . On accédait à la chaire depuis la sacristie .

 

   Enfin, en 2002, grâce à la municipalité, le clocher a été entièrement restauré  par l'entreprise de taille de pierre Serge Rousselet et a retrouvé sa stabilité alors fortement compromise.  La cloche, replacée sous ses crochets à têtes humaines, peut à nouveau être utilisée en toute sécurité.

    Sur un autre plan ,  en 1923, est procédé à l'acquisition de l'actuel presbytère, dans une maison du 19ème siècle ( 1865 ) à coté des écoles, sur la route de Sommières. Auparavant, ce dernier était situé en haut de la place du Jeu de Paume dans la maison du pasteur Pierre Farel. Cette dernière, aujourd'hui encore surnommée "le templet", possède une porte d'entrée qui est surmontée d'un fronton triangulaire portant la date de 1876 .

 

 

( Notice établie à partir d'une brochure de l'Eglise Réformée de Congénies et des recherches aux archives communales et départementales de Loïc Vannson ; photos Loïc Vannson ) . Remerciements au conseil presbytéral pour la communication des photos de la cloche  .

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Copie__2__de_2005_0101photoscong_nies1582 La "cloche de La Concorde" , " Paix sur la terre , gloire à Dieu , Eugène Baudouin fondeur à Marseille 1890 " . A défaut d'avoir pu prendre , hélas , les mesures de " l'objet " ,  son poids ( 150 kg ) correspond environ à une cloche n'excédant pas, à priori,  65 cm de diamètre selon les normes en vigueure à la fin du 19ème siècle .

 

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Copie__2__de_2005_0101photoscong_nies1721 Comme pour la cloche de l'église, les crochets de suspensions de la cloche du temple représentent des têtes d'hommes barbus .

 

 

Quelques vues de l'intérieur du temple :

   

 

Copie__2__de_2005_0101photostemple20091857 Diverses vues de la salle de 250 M2 et du très beau plafond à caisson d'origine.

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Copie (3) de 2005_0101photostemple20091955 Diverses vues de la remarquable charpente de la toiture prises en 2002 à l'occasion de la rénovation du clocher . Les 3 poutres transversales sont notamment soutenues par les 6 consoles stucées visibles sur le plafond à caissons. Elles ont  une portée impressionnante de 13  mètres et proviennent , sans doute, comme le reste , de bois descendu sur le Rhône jusqu'à Beaucaire comme celà était encore le cas au début du 19ème siècle. ( de nombreux autres temples alentours ont utilisé ces matériaux le plus souvent venus des Alpes- mélange de chêne pour les plus gros éléléments et de sapin  pour ceux plus légers. A noter que la toiture a été entièrement révisée en 1989 .Copie (2) de 2005_0101photostemple20091846

 

 ( photos Loïc Vannson )

 

Exemple de poutres qui reposent sur les consoles . Chevillages, boulonnages, etc, ont été utilisés. Il est à noter que si les bois sont d'origine des opérations de renforcement ont été effectuées dès les années 1840 puis plus sévèrement en 1886 ... Comme sur la stucture même du bâtiment.

 

  Copie (2) de 2005_0101photostemple20091890

Copie (2) de 2005_0101photostemple20091856

Entre les petites poutres longitudinales, treillis classique de bois et de plâtre où il ne faut surtout pas poser les pieds sous peine de se retrouver 7 mètres plus bas ... Hélas, ces photos ne rendent pas vraiment compte de la largeur de la toiture ...

 

  Copie (2) de 2005_0101photostemple20091961 Vue en direction des deux petits occulus du fronton de la façade sud.

 

 

 

Signalons, enfin, que le temple , sous certaines conditions , peut devenir temporairement un lieu de  concerts ou d' expositions . Se renseigner , au préalable , auprés du conseil presbytéral .

IMG_7781 IMG_7792 Le temple de congénies acceuillant un concert

 

 Congénies possède également, en dehors de son temple, un lieu très important du protestantisme : il s'agit des fameux " Pins de Farel " situés sur le puech de Ninarde , chemin des tehls ( tilleuls en occitant ). Le pasteur Farel , personnage pour le moins érudit, sur une parcelle de terrain lui appartenant , avait pour habitude d'y faire quelques prêches à la manière du "Désert" mais aussi d'y réunir la jeunesse locale autour de textes en latin , grec , etc ... Sans oublier quelques moments de jeux . C'est depuis ces parcelles que, depuis la fin du 19ème siècle, on coupait un pin qui faisait office de sapin de Noël lors de la traditionnelle veillée du temple le 24 décembre .

Aujourd'hui encore, on peut découvrir ce site qui ne manque pas de pittoresque : le pasteur y planta , il y a environ 110 ans, une couronne de cyprès et des pierres disposées en demi cercle formaient une sorte d'amphithéâtre de verdure . Miraculeusement , le site échappa au violent incendie de mai 2014 ... 

P1080699 Des pierres encore présentes au pied des cyprès; ces dernières servaient de bancs et sièges de fortune ...

P1080701Les cyprès disposés en arc de cercle

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P1080690 Les tilleuls et, en arrière plan, les cyprès des "pins de Farel "