Loïc Vannson, guide conférencier du patrimoine, a écrit une nouvelle étude, beaucoup plus complète que la précédente, sur l'église de Congénies. Nous sommes heureux de la publier ci-dessous .

 

 

 

 

Eglise_depuis_l_ancien_s_choir_de_la_maison_Delord600px_Logo_monument_historique___rouge_ombr_C3_A9_svg Inscription par arrêté ministériel du 6/12/1949 ;

(Procédure de classement de la "cloche Nogaret" aux MH en cours depuis juin 2012)

 

  
   PICT4384L'église de Congénies a pour caractéristique principale dans une région qui, durant près de 400 ans, fut très largement dominée par le protestantisme, d'être de dimensions relativement importantes par rapport  à celles des autres villages de la Vaunage (avec  environ 200 m2 au sol et une capacité originelle d'accueil maximale de 200 personnes  , c'est la seconde en superficie après l'église St-Saturnin de Calvisson, à laquelle elle ressemble d'ailleurs beaucoup, le même architecte les ayant restaurées à la fin du XVIIème siècle et l'on suppose surtout que l'église de Congénies, comme celle de Calvisson en 1489, a subi un remaniement en style gothique dans cette période ... ) . Les hauts contreforts ou encoules entre chaque travée, les grandes baies de style gothique de l'édifice, élevé sur une esplanade surplombant l'avenue principale, lui confèrent un aspect monumental. Le vaisseau mesure 30 mètres de long sur prés de 10 mètres de large . Mais en aucun cas, en l'état actuel, elle ne peut être qualifiée de "fortifiée" comme cela est mentionné dans de nombreux ouvrages. De l'édifice roman, mentionné pour la première fois au 12ème siècle (mais sans doute antérieur comme en atteste la presence de la pierre gravée d'époque carolingienne sur le chevet : 8ème/10ème siècles), intégré effectivement à un système défensif au 14ème siècle ( le quartier dit du "Fort" ) , ne subsistent que les soubassements et une partie des murs des trois travées de la construction d'origine à partir du chœur .  Les hauts contreforts ou encoules qui entourent l'édifice et qui lui donnent cette allure massive " fortifiée" ne furent ajoutés que par la suite pour éviter un devers des hauts murs vers l'extérieur : 12 mètres ( ils sont d'ailleurs plus nombreux avec même deux arcs de soutien sur la façade nord, signe, sans doute, de désordres structurels au niveau du sol à une époque; un léger devers du mur peut y être observé dans la partie haute ). Ajoutons à cela aussi l'adjonction d'une massive tour clocher au milieu du 18ème siècle et il n'en faut pas plus pour lui donner l'allure d'un "pseudo château fort" dans l'esprit de certains ...

 Intérieurement la nef mesure 27 mètres de long sur 7 mètres de large à l'entrée et seulement 6 au niveau du choeur ce qui accentue l'effet de profondeur du vaisseau .  Elle se compose de cinq travées. La hauteur des voûtes sur croisées d'ogives atteint 11 m ( le sol de la nef est surrélevé de un mètre par rapport à la rue au devant et de deux mètres par rapport à l'avenue en contrebas ce qui fait qu'elle paraît plus haute ... )  et l'épaisseur moyenne de ses murs est de 1,20m à 1,40m .  Les deux travées du choeur pourraient avoir été remaniées dans le style "gothique tardif" au début du 16ème siècle comme à Calvisson comme cela a dejà été mentionné ...

2005_0101cong_niesf_te20091073Devant l'église, un jour de fête en juillet, en attendant l'abrivado.

 

   Autre singularité, l'absence de baies sur la façade nord. Deux hypothèses : des constructions adossées à l'édifice primitif ont pu interdire leur percement, ou, plus simplement, comme à Calvisson, dans un pays où le vent dominant est de secteur nord , on a pu préférer rester à l'abri des assauts du Mistral, surtout l'hiver, qui aurait envahi tout l'édifice d'autant que, faute de moyens, les baies des églises de villages modestes ne possédaient pas systématiquement de  vitraux à l'époque ( tout au plus on utilisait des verres très simples ou même des peaux huilées ). De toutes manières , dans un pays à l'atmosphère souvent trés lumineuse , la multiplication des ouvertures n'était pas nécessaire . On notera qu'il manque également une ouverture dans la travée du milieu côté sud. Mais là l'explication semble plus simple. Les 3/4 de la troisième travée constituaient, jusqu'en 1686, l'extrémité ouest de la façade de l'église "primitive" romane, appareillée en  blocs de pierre de grande taille de cette époque. De 1686 à 1689, lors de l'adjonction des deux travées supplémentaires, sans doute pour ne pas compromettre la stabilité de l'ensemble de la nouvelle façade, renforcée d'ailleurs au moyen de grands contreforts, et certainement aussi par souci d'économie, on a dû préférer ne pas toucher à cette "travée de raccord" très porteuse et parfaitement bien appareillée en pierres de qualité , remarquablement taillées, d'époque romane à l'inspiration antique. On notera d'ailleurs que la différence d'apareillage des trois quarts de cette travée du 12 ème est flagrante avec l'ajout en pierres de type moellons non taillées ( toujours dans un souci d'économie ) à la fin du 17ème ( coupure nette et franche ).

  Mentionnée pour la première fois en 1156 ( mais sans doute antérieure comme en atteste la fameuse pierre de réemploie gravée d'entrelacs d'époque carolingienne 8ème-10ème siècles sur le chevet ) sous le vocable de "Sainte-Marie de Congénies" dans une bulle du pape Adrien IV en même temps que la seconde église paroissiale de Saint-André située seulement à 500m à vol d'oiseau à l'ouest du village. La construction primitive romane fut intégrée à un système défensif au XIVème siècle ( "Le Fort", sur le modèle d'une petite "bastide" castrale ). A cet effet, un rempart et des douves sont aménagés en 1367 pour mettre à l'abri des pillards des grandes compagnies durant la guerre de cent ans les communautés de Congénies et celles de Saint André alors extra muros. Notons d'ailleurs la présence de restes de peintures murales polychromes médiévales au niveau des deux dernières travées du chœur (sous les peintures XIXème et XVIIème) figurant une représentation à l'Antique de colonnes cannelées à chapiteaux ioniques dans des tons ocre rouge, terre de Sienne - jaune, rehaussées de filets noirs  . Peut-être sommes nous en présence d'une litre funéraire entre les 14ème et 15ème siècles  en hommage au seigneur Nogaret de l'époque ou un autre personnage de haut rang .... Des recherches et sondages plus aboutis permettraient de dater plus précisément cette réalisation ainsi que sa destination exacte.

 

   L'église va être saccagée à de nombreuses reprises au cours des guerres de religions opposant catholiques et protestants notamment une première fois en 1559. En 1616 elle subit de nouvelles dégradations très importantes, le curé Roussel y trouve une muraille démolie et l'autel brisé... Une enquête menée en 1622 dresse un rapport alarmant sur l'état de délabrement de l'édifice et indique que le presbytère est en ruines; le curé devant réunir ses fidèles dans une maison louée à cet effet. Dans ces conditions le chapitre de Nîmes exerce des pressions sur les habitants, notamment en 1667, afin qu'ils reconstruisent l'église. Ce sera chose faite en 1670 grâce au legs du chanoine Fabre. Le bâtiment sera consacré le 16 juin. L'évêque Séguier, en visite pastorale en 1674, trouve une "église fort jolie" mais constate que les catholiques ne sont que sept ou huit face à des protestants en grand nombre ... ( c'est à dire environ 400 ).

 
   Pourtant récemment rénovée , l’église subit 16 ans plus tard  des modifications de très grande ampleur . Afin d'accueillir les NC "nouveaux convertis" protestants (de force) après la révocation de l’Edit de Nantes (1685), l'église est allongée de deux travées vers l'ouest avec la démolition d'une partie de l'ancien rempart. La campagne de ces importants travaux dont le montant s'élève à la somme importante de 1150 livres est , à partir de 1686-1687 , confiée  au maitre maçon nîmois de renom Gabriel Dardaillon ( comme pour de nombreuses autres églises alentours du diocèse de Nîmes ) sous la direction de l'architecte Cailhau . ( notons , par ailleurs , que Dardaillon est en pleine construction du chef d'oeuvre qu'est le pavillon central du château d' Aubais sur les plans de l'architecte et ingénieur royal Ponce Alexis de la Feuille , à trois kilomètres de Congénies ). À cette occasion, l'ancien temple protestant datant du XVIème ou XVIIème siècle, situé sur l'actuelle place du Peyron, est démoli sur ordre DSCN0721de Louis XIV, comme presque  tous les temples de l'Eglise Réformée dans le royaume ( seul celui du Collet de Dèze en Lozère y échappe offrant un temoignage précieux de l'architecture des temples de cette époque avec son arche centrale ). Certaines de ses pierres  servent d'ailleurs à l'agrandissement de l'église à titre de "dommages et destructions perpétrés par les protestants". L'encadrement de la  porte de ce temple, exécuté  "sommairement" dans le goût de la "Renaissance tardive" voire Louis XIII à décor de bossages plats et lignes de refends et encadré , à son sommet, de deux chapiteaux de style ionique à volutes de la fin du 16ème ou du début 17ème, est remonté  sur la nouvelle façade de l'église où l'on peut encore l'admirer de nos jours. Il est alors surmonté  d'une niche en cul-de-four , redécouverte à l'occasion des travaux de 1951-53, qui devait abriter, à l'origine, une statue de la Vierge, comme celle encore visible à l'église de Clarensac. Un fronton sculpté triangulaire ( aujourd'hui bûché ) surmontait  alors cette porte et la niche était entourée de deux petits pilastres donnant un caractère plus monumental à cette entrée; un bon exemple d'architecture de ce type avec son fronton triangulaire toujours en place,  se trouve sur l'encadrement et l'élévation principale de l'ancienne chapelle des récollets à Sommières datant du 17ème siècle ( actuel collège Maintenon; place du Bourguet ).

   L'intérieur de la nef est alors décoré sur la totalité de ses murs, vraisemblablement à la même époque (fin du 17ème ou début du 18ème), de fresques récemment redécouvertes mais fort dégradées, qui représentent des grands motifs constitués de rinceaux de feuilles d'acanthe, de draperies ou tentures, de guirlandes et bandeaux, de faux marbres dans des encadrements en trompe l'oeil, notamment au niveau de la seconde et troisième travée en partant du chœur. Elles sont d’un superbe fond de couleur parme foncé dans la travée du milieu avec un encadrement brun mouvementé dans la partie haute ( comme une sorte de tenture ). Enfin, dans les 4ème et 5ème travées, on trouve des grandes bandes verticales, en alternance, aux couleurs ocre jaune orangé, rouge parme, gris, pastels, cernées de traits noirs avec des sortes de médaillons ou cartouches à leurs bases aux formes d'enroulements de végétaux dans des tons bruns. Ces médaillons ovales comportent des inscriptions et messages de couleur verte pour celui mis à jour ( ex votos ? ) . Le tout est très bien rythmé dans le style baroque en vogue à cette époque. La palette de couleurs chaleureuses utilisée pour l'ensemble de l'édifice est donc particulièrement harmonieuse avec l'emploi, nous l'avons vu, d'ocres jaunes, d'orangés, de rouges, de bruns, de touches jaunes, rouges et bleues qui rehaussent des pétales de fleurs et des feuillages au niveau de la seconde travée. Dans son état originel, cette oeuvre devait être du plus bel effet et mériterait, sinon une restauration ou restitution complète étant donné l'état des enduits, tout du moins un relevé et sondage mené de manière sérieuse avec un décroûtage maximal du décor recouvert afin de le faire apparaître dans sa totalité et donc son unité, de découvrir d'éventuelles autres inscriptions qui pourraient se révéler très précieuses pour l'histoire de l'édifice. Des décors aux motifs comparables sont présents au sein des chapelles latérales du choeur de la cathédrale St théodorit d'Uzès ( fin 17ème ).

 

  Bien que tardives, les  voûtes des deux nouvelles travées  sont cependant réalisées à la même époque sur croisées d'ogives  quadripartites , certainement dans un souci d’unité par rapport aux deux travées d'origine ( cet élément est précisé dans le prix fait ( devis ) de Dardaillon " agrandissement dans le style déjà existant" ). Les réalisations multiples de Dardaillon nous montrent d'ailleurs qu’il connaissait et maîtrisait parfaitement bien la technique ( comme le prouve le dôme et l'escalier du pavillon central du château d'Aubais et les nombreuses autres restaurations d'églises qu'il a réalisées à travers le diocèse. )

 

40558503 eglise congénies 2 Vue du vaisseau vouté sur croisées

d'ogives

 

 

 

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Quelques vues de l'intérieur de l'église et de ses voutes sur croisées d'ogives quadripartites .

 

 

 

      Le 17 décembre 1703, l'église est à nouveau vandalisée et en partie incendiée par Jean Cavalier à la tête des Camisards poursuivis sans relâche par les troupes royales. Les murailles et portes de l'ancien fort sont, pour la plupart, définitivement abattues, un office est célébré dans l'église saccagée dont le mobilier finit par être brûlé pour célébrer leur victoire l'aprés midi même à la Roque d'Aubais , au bord du Vidourle , sur les troupes royales . Les protestants ont alors en charge la rénovation de l'intérieur de l'édifice dont il est permi de penser que le recent décor à fresque a souffert des fumées produites par le feu. Un blanchiment des murs à la chaux a pu être dès lors réalisé ...

 

 

 

 

  Le clocher :

_glise_Cong_nies___clocher_2008    2008_0110clocher200800102005_0102cclochedechiffrement02012005_0102cclochedechiffrement0174 En 1759, la commune décide de l'édification d'une tour clocher à vocation d'horloge réalisée en bugets de pierre tendre ( Junas ) . Beffroi communal d'une hauteur de 15 mètres, attenant à l'église, à la terrasse  duquel on accède  par un très bel escalier à vis à l'enroulement particulièrement gracieux , cette  tour est surmontée d'un campanile de forme pyramidale assez élancée haut de 6 mètres au sommet de la croix , très sobre, en fer forgé "monté à froid" par système de clavettes. La lance de la croix , dont la base est ensérée au niveau  de la "corbeille sommitale" de la pyramide du campanile qui abrite une petite sphère armillaire percée de part en part,  comporte une girouette figurant un drapeau à deux flammes, toujours opérationnelle   de nos jours et se trouve surmontée elle même de la croix  très simple en fer forgé de la même époque. Ce campanile supporte , de nos jours, une très belle cloche parrainée par Anne Joseph de Louet de Murat de Nogaret de Calvisson. Il résidait à l'époque au sein du trés raffiné château de Marsillargues. Cette cloche est suspendue au centre et au sommet du campanile au moyen de six grands "crochets" de bronze figurants de magnifiques têtes d'hommes barbus. D'après les textes anciens de la fin du XVIIème siècle de visites de l'evêque de Nîmes, la façade principale occidentale de l'église était, depuis 1687,  surmontée d'un "clocher pignon ou mur" à deux baies abritant chacune une cloche. Ces deux cloches ayant été transférées au sein du nouveau campanile, on pense que ce premier clocheton a logiquement disparu à la même époque. L'une de ces deux cloches a également disparu dans l'opération, peut être refondue, comme cela se pratiquait assez souvent lors de grands évènements comme justement la construction d'un nouveau clocher, pour donner la cloche que nous connaissons aujourd'hui dont voici quelques vues  inédites . ( Un article complet lui est  consacrée à l'occasion de son 250ème anniversaire en 2009 plus loin sur le blog ) .  Son maître fondeur est Jean César Poutingon , originaire de la région de Montpellier.

 

P1010704 A l'intérieur de l'église, au dessus de la rose ouest, on remarque distinctement une entaille au sein de l'arc en ogive. Il s'agit tout simplement de la trace du passage des cordes qui permettait  d'actionner les deux cloches du "clocher mur" surplombant la façade, jusqu'à sa démolition et le transfert des cloches sur le nouveau campanile en 1759 ...

 

 

 

Dimensions de la cloche actuelle :

diamètre à la base : 84 cm

hauteur au cerveau ( partie supérieure de la cloche ) : 57 cm

hauteur à l'anse mère de couronnement ( crochets ) : 78 cm

millésime : 1759

maître fondeur : Jean César Poutingon

Signe particulier : présence d'un lézard moulé au naturel, cloche civile d'horloge et non pas de l'église

Poids estimé : environ  400 kg avec le battant intérieur

  

 En exclusivité , les premières vues de la cloche ci dessous

 

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Sur sa face sud , le clocher possède un ancien cadran solaire ainsi qu'une inscript ion pour le moment  indéchiffrable au sein de la corniche en doucine du parapet surmontant directement le cadran d'horloge actuel .

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Réaffectée un temps au culte protestant et aux cérémonies civiles sous la Révolution , elle est   vidée de son modeste mobilier à l'exception de la stalle encore présente dans le choeur. Une de ses deux cloches ( celle de l'église qui servait à anoncer les offices ) est également descendue du campanile  en 1794 et fondue pour participer , notamment , à l'effort de guerre et à la pénurie de métal durant cette période. L'église est finallement rendue aux catholiques le 6 août 1800 (contrairement aux églises de Boissières, Nages-et-Solorgues, Saint-Dionizy en ou encore Langlade en Vaunage  qui ne seront finalement jamais réaffectées au culte catholique). Un service régulier est rétabli en 1807 et l'église érigée en succursale .

 

 

 

L'ancien presbytère , vraissemblablement édifié au 18ème siècle , ( démoli en 1951 ) accolé aux deux travées  les plus à l'ouest de l'église , et obstruant en grande partie la vue sur la façade méridionale , est rénové en 1808 ; en voici quelques vues au début du 20ème siècle :

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     La communauté catholique de Congénies devra cependant attendre la seconde moitié du 19ème siècle, sous le Second Empire, pour procéder aux derniers aménagements intérieurs : statues en plâtre colorées, nombreux objets d'ornements et de culte commandés sur les premiers catalogues de vente par correspondance à des sociétés spécialisées, installation des vitraux du chœur qui figurent St-Pierre et St-André ainsi que la Vierge Marie et St-Joseph (auprès de l'atelier montpelliérain Fulcrand Brunet en 1864-65), nouveau maître-autel en marbre blanc et dorures (vers 1855) auquel étaient adjoints deux autels latéraux dédiés à Notre-Dame-des-Grâces et à St Joseph de l'enfant Jésus, boiseries contre les murs du chœur (1870-1890) réalisées par le menuisier congénois Canel.


   Candélabres multiples de style baroque et néo-gothiques, lustres néo-gothiques en bronze doré, veilleuses de sanctuaire, Gloire en bronze doré et cuivre surmontant le maitre autel , bannières , ex-votos et autres objets liturgiques en tous genres décorent l'édifice de manière quelque peu surchargée comme il était de mode à l'époque. À cette occasion, de nouvelles peintures très colorées sont réalisées sur les murs de l'ensemble du chœur, dans le style "académique", alors en référence, que constituait le gothique des 14ème-15ème siècles, souvent revisité comme à l'église St Pons de Sommières ou encore à l'abbaye de St-Michel-de-Frigolet pour ne citer que les exemples locaux les plus frappants. ( directement inspirés des décors de la Sainte Chapelle à Paris rénovée dans les années 1840 ) .

cpa_cong_nies_2_063 L'intérieur de l'église vers 1910; la statue du Sacré Coeur de Jésus est encadrée de deux bannières  .

 

P1010724 (2)

P1010717 (2)

2005_0102cclochedechiffrement0171 Maître autel du choeur, marbre blanc et dorures vers 1855 , détail du tabernacle abritant le ciboire .

 

 

 

 

2008_0119patrimoinedivers0111 Vierge Marie , statue en toile renforcée recouverte de plâtre et dorure à la feuille, première moitié 19ème ou milieu de ce même siècle ( La photo le montre assez mal, mais une importante restauration serait nécessaire ). A noter qu'une très  ancienne statue dite " Sainte Marie de Congénies " aurait été présente dans l'église jusque dans la première moitié du 20ème siècle avant sa disparition fort dommageable...

 

2008_0119patrimoinedivers0118  2008_0119patrimoinedivers0119 Notre Dame des Victoires et Saint André , statues en plâtre  polychrome  à  armature de fer commandées sur catalogues ; années 1860/70 .

2008_0119patrimoinedivers0121 Tableau de la crucifixion  surplombant le tambour de la porte . ( première moitié 19ème ?)  Un démontage de la toile  pour vérification serait nécessaire  .  Le Christ est entouré d'angelots . A ses pieds les deux saints patrons de la paroisse : la Vierge Marie à gauche et Saint andré portant sa croix en forme de X . Tableau nécessitant une importante restauration qui a beaucoup souffert des infiltrations d'eau de pluie en provenance de l'ancienne rose qui le surplombe .  Attribution inconnue , la partie basse du tableau a été  en effet découpée à la base sur une hauteur d'environ 20 cm hélas ... A noter que ce tableau n'est pas à sa place; il s'agit en fait d'un tableau de choeur. Il devait , à l'origine, se trouver au dessus du maître autel ( un tableau similaire, qui daterait de la fin du 17ème, mais ce point est encore à vérifier, existe à l'église voisine de St Martin d'Aujargues ... ).

 

 

 

 

 

Désormais unique  élément de mobilier ancien après la dispertion complète et malheureuse en 1999 des meubles et objets d'ornements encore présents dans la sacristie ( dont certains objets de culte pouvaient être éventuellement forts anciens; les sacristies abritent  quelques fois des surprises  reléguées et oubliées au fond des meubles  ), une partie de stalle de la première moitié du XVIIIème, malencontreusement découpée lors des travaux de rénovation du choeur en 2003. On sait par les archives que cet élément de mobilier, de belle qualité, est arrivé dans l'église en 1744. Sa rénovation serait pour le moins souhaitable et assez urgente au regard des outrages récemment subits... ( découpage, application d'une peinture en faux bois clair vers 1950 sur la teinte naturelle du chêne foncé et surtout attaques d'insectes xylophages ... ) . 

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Etat actuel, la partie de devant a été désolidarisée de l'assise ...       Les deux parties rapprochées redonnent au meuble son aspect initial ...

 

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Vue de face

                                                   Assise se relevant laissant apparaitre une tête sculptée d'homme barbu dans le chêne; seule la tablette de repos est manquante   

 

 

P1010690 Détails de la qualité des sculptures; notamment l'enroulement des crosses des accotoirs

 

 

 

 

P1010698 Autre élément interessant bien que détourné de sa fonction initale, la cuve des anciens fonts baptismaux, en marbre rouge du Languedoc ( secteurs Saint Chinian- Caunes Minervois ), datant de la seconde moitié du 17ème siècle, a été déplacée en lieu et place du bénitier d'origine. Ce dernier, en pierre tendre de Mus, certes en mauvais état, qui possédait néanmoins d'interessantes sculptures de style "gothique-renaissance"  devait être rénové  et son décor restitué par un sculpteur ( une esquise à cet effet avait d'ailleurs été réalisée .... voir plus bas ). Hélas, lors des "travaux"  précipités de 2003, on a pas hésité à le démolir à coups de masse et mettre à sa place la cuve baptismale .... 

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P1010747  Unique photographie de l'ancien bénitier  en pierre de Mus prise vers l'an 2000 et démoli en 2003. On constate bien évidemment que la pierre était dans un état très dégradé. Il fut installé à la place qu'occupe aujourd'hui l'ancienne cuve baptismale faisant office de nouveau bénitier au moment de  l'agrandissement de l'église à partir de 1686. Encastré profondément dans le mur sud de la nef, il était surmonté d'une petite niche en cul de four aujourd'hui comblée par du ciment. Par son décor, notamment de feuillages stylisés à la base de la vasque, on peut penser qu'il s'agissait d'un réemploi, époque renaissance, gothique ? .... Ci dessous, un croquis de restitution de ce bénitier, réalisé il y un quinzaine d'années, permet de se faire une idée plus précise de ce à quoi il ressemblait à l'origine :

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P1010715 Ultime élément évoqué ici, la chaire à prêcher réalisée également en pierre blonde de Mus au grain très fin et aux lignes sobres et pures, datant elle aussi de la rénovation de la fin du 17ème siècle. Certains souhaitaient également la démolir en 2003 au motif que le prêtre ne s'en sert plus depuis longtemps ( c'est ce qui s'est passé au temple protestant ...). Fort heureusement ce projet  ne fut pas mis à execution ... Il est bon ici , une fois de plus, de rappeler ce que l'on peut faire ou pas dans un édifice inscrit ou classé aux Monuments Historiques . La paroisse catholique, depuis la loi de séparation des Eglises et de l'Etat en 1905, dispose  logiquement du lieu de culte mais celui ci appartient à la commune. La paroisse a à sa charge l'entretient courant de l'espace religieux et des objets de culte ( si ces derniers ne sont pas frappés d'une protection ). Mais les paroissiens n'ont pas le droit de toucher à la structure même du bâtiment et de déplacer voire démolir des éléments d'architecture ou de décor fixes. Cela est d'autant plus important et doit être respecté que l'église est inscrite aux Monuments Historiques depuis 1949. Les demandes de travaux doivent ainsi être déposées en mairie qui , elle même, doit contacter dans les plus brefs délais les services de la direction régionale des affaires culturelles qui dépêche in situ un architecte des bâtiments de France  ou un architecte des Monuments Historiques; seuls habilités à donner leur accord  au regard de la loi et  seuls représentants de l'Etat auprès du ministère de la culture .

Ces dispositions peuvent paraître bien compliquées et contraignantes, mais c'est justement l'objectif, afin d'éviter des actions malheureuses comme en 2003,  encore trop nombreuses chaque année sur les bâtiments protégés.

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  Les peintures à l'huile des années 1860 des murs du chœur sont malheureusement recouvertes de la couche de chaux évoquée ci-dessus et d'un faux marbre réalisé dans les années 1930. Ce décor, très dégradé lui aussi, était composé, pour les murs nord et sud, de blasons de couleur vert d'eau aux contours noirs comportant des motifs stylisés de fleurs vert foncé en alternance avec des croix de Saint André ocre orange, le tout se détachant sur un fond beige légèrement rosé. Le mur de l'abside était , quant à lui, recouvert d'une vive couleur parme sur laquelle se détachaient des formes de losanges qui comportent des traces de dorures (comme des étoiles stylisées). Le tout est ici encadré par des bandeaux vert d'eau, beige rosé et noir. En outre, deux frises en latin sont exécutées sur les murs nord et sud de ce chœur rappelant, notamment, le souvenir de l'ancienne paroisse disparue de Saint-André de Congénies. Ce décor est enfin complété d'une voûte céleste en bleu cobalt soutenu sur laquelle se dégagent des étoiles d'or au sein de la dernière croisée d'ogives surplombant le fond du chœur. ( voir étude sur les peintures murales ) .

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 Vitraux du choeur par l'atelier Fulcrand Brunet à Montpellier ; 1864-65

 

 

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2005_0101egliseclocher2311 Détails des parties hautes des fenêtres du choeur dont les remplages à enroulements sont d'influence  gothique flamboyant ( fin XVème, début XVIème ); lors d'un remaniement présumé  de l'édifice dans ce nouveau style à cette époque ... ( l'église de Calvisson à l'architecture fortement similaire à celle de Congénies est ainsi reconstruite dans le style gothique à partir de 1489 ) .

 

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Vitraux  des deux  travées les plus à l'ouest ; ils arborent encore une fois des motifs géométriques de croix de St André sur fond de rinceaux de feuilles en grisailles 

 

ancienne rose église de congénies Vue de l'ancienne rose de la façade ouest. Elle arbore la croix de Saint André, souvenir de la seconde église du village si présente à Notre Dame de Congénies ( vitraux , fresques, statues, etc) .  Si l'oculus date bien de 1687, cet assemblage de verres colorés ( simplement peints sur la verrerie ) sertis dans du bois ( à bout de souffle ...) , datant des années 1860, était logiquement fort abimé depuis de nombreuses années, les verres cassés laissaient d'ailleurs l'eau ruisseler sur le tableau de la crucifixion bien mal en point de fait ... Lors de la rénovation des quatre vitraux de la façade méridionnale en 2007, la question de son remplacement pure et simple s'est posée. 

rose eglise congénies 2008 Et ce fut chose faite. Patrick Bulard, maître verrier de Saint Alexandre près de Pont Saint Esprit, qui a fait de nombreux chantiers de restaurations avec Serge Rousselet, notamment les vitraux de Congénies au printemps 2008 ou ceux de Calvisson en 2009, a proposé  la création d'un véritable vitrail à la seule condition de reproduire une croix de Saint André. Son projet nous a tous convaincu ( mairie, église et notre association ) et c'est ainsi que l'église se trouve enrichie d'un nouveau vitrail moderne et sobre tout en restant "traditionnel" dans l'esprit de ceux existants ; avec cette originale croix évasée sur ses pointes évoquant parfaitement le martyr du saint sur sa croix . Création Patrick Bulard 2008.  

 
   En 1881, la commune doit faire appel à l'architecte départemental  Louis Poinsot . En effet , d'importants problèmes de structure se font jour sur la construction : murs lézardés et surtout voutes et toitures devenues dangereuses et laissant passer l’eau, problèmes d'humidité logiques au niveau des murs. Un chantier de restauration est donc mené de 1882 à 1883 et il n'est pas interdit de penser que les récentes peintures du chœur aient été recouvertes de chaux à cette occasion, comme l'ensemble des murs de la nef, afin de rendre un caractère plus salubre au bâtiment à l'exception de la voute céleste et des retombées des arcs sur croisée d'ogives. Au passage, à la fin des travaux, l'engagement républicain sans faille de la commune se manifeste dans la peinture en grandes lettres sur la façade de la devise " Liberté-Égalité-Fraternité", précédée de la mention "Edifice public" ( Il en sera d'ailleurs de même pour le temple réformé au sein de la rose de façade en peinture noire ). 

 

  2005_0101photoscong_nies1602 La devise républicaine, ici sur une carte postale vers 1905

 

 

   Le XXème siècle est marqué par de nombreux réaménagements intérieurs pas toujours heureux (1932 voit l'exécution de l'actuelle peinture en faux marbre qui orne encore le chœur et la réalisation préjudiciable du sol et des soubassements des murs de la nef en béton et ciment) qui feront disparaître la quasi-totalité des éléments de décoration du siècle précédent. L'action la plus marquante reste heureusement la démolition de l'ancien presbytère ou "cure" datant du début du XVIIIème siècle devenu vétuste et dangereux et de la sacristie du milieu 19ème qui étaient accolés à la façade sud du monument, le masquant en grande partie (notamment les deux baies de style gothique des travées les plus à l'ouest qui étaient en partie obstruées). L'architecte départemental Henri Floutier mène cette campagne de grands travaux et de réhabilitation de 1951 à 1953 (il est l'auteur, entre autres, à Congénies, de l'ancienne cave coopérative en 1929-32, du foyer communal et des anciens bains-douches en 1937-38, du nouvel escalier en pierre de baruthel de l'ancienne mairie). Par cette opération d'envergure, l'église est enfin dégagée sur toute la longueur de sa façade sud. Les pierres sont jointoyées laissant apparaître les parties les plus anciennes, un agréable parvis est aménagé en lieu et place du presbytère et de l'ancienne sacristie où trône aujourd'hui l'olivier de la Liberté planté à l'occasion du bicentenaire de la Révolution de 1789 ( pour l'anDSCN0720ecdote, symbole par excellence de la République, l'arbre occupe ce qui fût l'ancien petit jardin du curé...). A l'intérieur de l'église, les grilles de protection du chœur sont déposées, les autels latéraux disparaissent, de nombreux objets aussi ..., une nouvelle sacristie est construite au nord de l'édifice et une mauvaise restauration ( "bricolage" à la chaux ) est opérée sur les réseaux de fenestrages des vitraux. Le projet de Floutier d'aménager une sorte de petit jardin public avec arbres , deux bassins et escalier à la place du muret de soutènement ( un dernier point qui aurait encore plus mis l'édifice en valeur ) n'a cependant pas était accepté par les Monuments Historiques qui considèrent que la façade méridionnale doit rester dégagée. ( il n'a d'ailleurs pas été sans peine d'y planter "l'olivier de la Liberté"en 1989 ... ).

 

 

   En ce qui concerne le clocher, l'ancienne horloge mécanique est remplacée par un système automatique électrique en 1957 avec l'installation d'un nouveau cadran perçé dans le cadran gravé du 18ème siècle ... ( il faut bien l'avouer fort disgracieux, à structure de fer et de verre peint ,aujourd'hui très abîmé et rouillé, pour permettre cependant l'éclairage nocturne. Le tout inséré dans un encadrement rectangulaire en ciment qui défigure quelque peu la tour ... Mais, à l'époque, une horloge électrique,avec un cadran écairé la nuit, constituaient une avancée technologique non négligeable). Il laisse cependant apparaître les restes de l'ancien cadran rond en pierre gravée du 18ème siècle qui mériterait d'être restauré ou plutôt restitué tout comme le cadran solaire de la face sud au dessus du toit de la nef. A noter que ces deux éléments comportent des traces de polychromie .

2005_0312cong_nieseglisefev2000222005_0101divers0556 Quatre années séparent ces clichés ; le boitier en ciment et fer rouillé dans lequel est inséré le cadran s'est fortement dégradé ... En 2013 des verres du cadran sont même cassés comme en atteste la vue ci dessous ... ( il faut dire aussi qu'une invasion de pigeons en 2012 n'a pas vraiment arrangé les choses ... ) Par mesure de sécurité, le cadran est retiré début 2014 ; Antoine Bruguerolle, architecte des Monuments Historiques , est  en charge de la rénovation complète de la tour , des cadrans et du campanile depuis 2015 . Ces importants travaux devraient débuter courant 2016.

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Les campagnes de restaurations en ce début de XXIe siècle :

   Un manque général d'entretien des structures du monument par faute de moyens et l'emploi de matériaux inadéquats lors de petites interventions successives ( tels les ciments ou bétons sur les murs , les soubassements , les sols intérieurs ou extérieurs , même encore récemment ... ) ont conduit à élaborer un vaste programme de réhabilitation, de sauvegarde et par conséquent de mise en valeur de l'édifice articulé en trois phases minimum depuis 1995.

   Pour commencer, la toiture complexe couvrant 300 m2, très vétuste et qui n'était plus étanche, a été totalement refaite au printemps 2000 .

  On passera outre les travaux de "restauration" et réaménagement du choeur  en 2003 totalement catastrophiques d'un point de vue archéologique et structurels  dans la partie la plus ancienne du sanctuaire ... 

   La seconde tranche des travaux a débuté à l'automne 2007 pour s'achever au printemps 2008. Elle a eu pour but de s'attaquer à la façade nord de l'édifice ( notamment sa salubrité au niveau du sol ) dont les soubassements étaient enterrés depuis fort longtemps sous prés de deux mètres de gravats et remblais de terre et pierres provenant d'anciennes constructions aujourd'hui disparues. A cette occasion un accès pour personnes à mobilité réduite a été aménagé au moyen d'une nouvelle porte latérale percée dans le mur nord. En outre, les vitraux du milieu du XIXe siècle, sur la façade sud ainsi que la rose ouest, ont été déposés et ont fait l'objet d'une restauration complète par la maître verrier Patrick Bulard de Saint Alexandre à côté de Pont St Esprit. Au moment de leur réinstallation, ils sont dorénavant protégés des agressions extérieures par la pose de grandes baies en polycarbonate à armatures de fer. Il en est de même pour les quatre baies géminées de style gothique les accueillant, dont les structures ( remplages ) en pierre de Mus et Junas , trop abîmées après examen, ont dû être en grande partie restituées d'après les modèles originaux et remplacées ( retaillées en pierre de Junas par l'atelier de Serge Rousselet ). Elles aussi sont désormais protégées par les nouvelles baies en polycarbonate  Makrolon .

   La dernière phase de ce vaste chantier concernera la partie certainement la plus délicate : la restauration de l'intérieur de la nef dont les restes des peintures murales, certes très dégradées, couvrant trois étapes fondamentales dans la compréhension historique et pédagogique de l'aménagement de l'édifice (XIVème/XVème, XVIIéme et XIXème siècles), sont menacés d'une disparition pure et simple dans l'indifférence quasi générale. Cette perspective est d'autant plus alarmante qu'aucune étude véritablement sérieuse et surtout poussée n'a été menée à ce jour ( seul un simple et rapide sondage des murs, au rapport très expéditif et laconique,pour ne pas dire fantaisiste, rempli d'inexactitudes historiques, a été réalisé en 2000 ... ). D'où des conclusions hâtives  peu favorables de ce cabinet d'expertise sur l'intérêt de la sauvegarde de ces décors. Une troisième étape, dont la date est encore à préciser ( on est tout de même sur du long terme, les subventions alouées étant de plus en plus réduites ... ) mais qui risque fort de soulever de nombreuses polémiques. On notera cependant , et celà est une excellente nouvelle , que ce chantier se fera sous la responsabilité d'un architecte des Monuments Historique . A cette occasion , nous proposerons , si celà est possible , la réouverture de la fenêtre  est de l'abside ... Une affaire à suivre mais qui n'est pas programmée pour le moment étant donné le coût très élevé de ce type d'opération .

Nota : Sur un autre registre , le clocher et son campanile dont les phénomènes logiques  de torsion et de corrosion s'accélèrent   devraient également faire l'objet dune totale restauration ( notamment le cadran de l'horloge ) avec surtout l'installation, trés souhaitable, d'un paratonnerre  ... En 2015/16, le clocher constitue en fait la 3ème phase programmée des travaux.

 

 PS :  DSCN0716On remarque, dans le mur du chevet, les traces  supposées d'ancrage de l'ancien rempart du XIVème siècle et, plus haut , à la droite de celles-ci, une pierre "gris-bleutée" finement sculptée connue sous le nom de "l'entrelacs quadrilobé à trois brins " éventuellement rattachable à la symbolique icônographique du "noeud de Salomon", motif symbôle d'eternité existant depuis l'Antiquité . Elle provient peut-être d'une église préromane de l'époque carolingienne ( 8ème-10ème siècles ) , ce sujet mérite d'être étudié ... Il s'agit en tous cas de l'élément le plus ancien de l'église de Congénies.

 

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Textes et photos Loïc Vannson