L'église Notre-Dame et Saint André de Congénies par Loïc Vannson
Loïc Vannson a écrit une nouvelle étude, beaucoup plus complète que la précédente, sur l'église de Congénies. Nous sommes heureux de la publier ci-dessous .

Inscription par arrêté ministériel du 6/12/1949
L'église de Congénies a pour caractéristique principale dans une région qui, durant près de 400 ans, fut très largement dominée par le protestantisme, d'être de dimensions relativement importantes par rapport à celles des autres villages de la Vaunage (avec 200 m2 au sol et une capacité d'accueil maximale de 200 personnes , c'est la seconde en superficie après l'église St-Saturnin de Calvisson, à laquelle elle ressemble d'ailleurs beaucoup, le même architecte les ayant restaurées à la fin du XVIIème siècle ) . Les hauts contreforts entre chaque travée, les grandes baies de style gothique de l'édifice, élevé sur une esplanade surplombant l'avenue principale, lui confèrent un aspect monumental. le vaisseau mesure 30 mètres de long sur prés de 10 mètres de large . Mais en aucun cas, en l'état actuel, elle ne peut être qualifiée de "fortifiée". De l'édifice roman du 12ème siècle, intégré effectivement à un système défensif au 14ème siècle ( le quartier dit du "Fort" ) , ne subsistent que les soubassements et une partie des murs des trois travées de la construction d'origine à partir du chœur . Les hauts contreforts qui entourent l'édifice ne furent ajoutés que par la suite pour éviter un devers des hauts murs vers l'extérieur ( ils sont d'ailleurs plus nombreux sur la façade nord, signe, sans doute, de désordres structurels au niveau du sol à une époque ). Intérieurement la nef mesure vingt huit mètres de long sur sept mètres de large et se compose de cinq travées. La hauteur des voûtes sur croisée d'ogives atteint 10,50m et l'épaisseur moyenne de ses murs est de 1,20m . Les deux travées du choeur pouraient avoir été remaniées dans le style gothique tardif au début du 16ème siècle ...
Autre singularité, l'absence de baies sur la façade nord. Deux hypothèses : des constructions adossées à l'édifice primitif ont pu interdire leur percement ou, plus simplement, dans un pays où le vent dominant est de secteur nord , on a pu préférer rester à l'abri des assauts du Mistral, surtout l'hiver, qui aurait envahi tout l'édifice d'autant que, faute de moyens, les baies des églises de villages ne possédaient pas systématiquement de vitraux à l'époque ( tout au plus on utilisait des verres très simples ou même des peaux huilées ). De toutes manières , dans un pays à l'atmosphère souvent trés lumineuse , la multiplication des ouvertures n'était pas nécessaire . On notera qu'il manque également une ouverture dans la travée du milieu côté sud. Mais là l'explication semble plus simple. Les 3/4 de la troisième travée constituaient, jusqu'en 1686, l'extrémité ouest de la façade de l'église "primitive" romane, appareillée en blocs de grande taille. De 1686 à 1687, lors de l'adjonction des deux travées supplémentaires, sans doute pour ne pas compromettre la stabilité de l'ensemble de la nouvelle façade, renforcée d'ailleurs au moyen de grands contreforts, et certainement aussi, par souci d'économie, on a dû préférer ne pas toucher à cette "travée de raccord" très porteuse.
Mentionnée pour la première fois en 1156 sous le vocable de Sainte-Marie dans une bulle du pape Adrien IV en même temps que la seconde église paroissiale de Saint-André située 500m à vol d'oiseau à l'ouest du village, la construction primitive fut intégrée à un système défensif au XIVème siècle ( "Le Fort", sur le modèle d'une petite "bastide" castrale ). A cet effet, un rempart et des douves sont aménagés en 1367 pour mettre à l'abri des pillards les communautés de Congénies et celle de Saint André alors extra muros. Notons d'ailleurs la présence de restes de peintures murales polychromes médiévales au niveau des deux dernières travées du chœur (sous les peintures XIXème et XVIIème) figurant une représentation à l'Antique de colonnes cannelées à chapiteaux ioniques dans des tons ocre rouge, terre de Sienne - jaune, rehaussées de filets noirs . Peut-être sommes nous en présence d'un litre funéraire en hommage au seigneur Nogaret de l'époque .... Des recherches plus abouties permettraient de dater plus précisément cette réalisation ainsi que sa destination exacte.
L'église va être saccagée à de nombreuses reprises au cours des guerres de religions opposant catholiques et protestants notamment une première fois en 1559. En 1616 elle subit de nouvelles dégradations, le curé Roussel y trouve une muraille démolie et l'autel brisé... Une enquête menée en 1622 dresse un rapport alarmant sur le délabrement de l'édifice et indique que le presbytère est en ruines le curé devant réunir ses fidèles dans une maison louée à cet effet. Dans ces conditions le chapitre de Nîmes exerce des pressions sur les habitants, notamment en 1667, afin qu'ils reconstruisent l'église. Ce sera chose faite en 1670 grâce au legs du chanoine Fabre. Le bâtiment sera consacré le 16 juin. L'évêque Séguier, en visite pastorale en 1674, trouve une "église fort jolie" mais constate que les catholiques ne sont que sept ou huit face à des protestants en grand nombre.
Pourtant récemment rénovée , l’église subit des modifications de grande ampleur . Afin d'accueillir les "nouveaux convertis" protestants (de force) après la révocation de l’Edit de Nantes (1685), l'église est allongée de deux travées vers l'ouest avec la démolition d'une partie de l'ancien rempart. La campagne de ces importants travaux dont le montant s'élève à la somme importante de 1150 livres est , à partir de 1686-1687 , confiée au maitre maçon nîmois de renom Gabriel Dardaillon ( comme pour de nombreuses autres églises alentours du diocèse ) sous la direction de l'architecte Cailhau . ( notons , par ailleurs , que Dardaillon est en pleine construction du chef d'oeuvre qu'est le pavillon central du château d' Aubais sur les plans de l'architecte et ingénieur royal Ponce Alexis de la Feuille , à trois kilomètres de Congénies ). À cette occasion, l'ancien temple protestant datant du XVIème ou XVIIème siècle, situé sur l'actuelle place du Peyron, est démoli sur ordre
de Louis XIV, comme tous les temples réformés. certaines de ses pierres servent d'ailleurs à l'agrandissement de l'église à titre de "dommages et destructions perpétrés par les protestants". L'encadrement de la porte de ce temple exécuté "sommairement" dans le goût de la "Renaissance tardive" voire Louis XIII à décor de bossages plats et encadré , à son sommet, de deux chapiteaux de style ionique de la fin du 16ème ou du début 17ème, est remonté sur la nouvelle façade de l'église où l'on peut encore l'admirer de nos jours. Il est alors surmonté d'une niche en cul-de-four , redécouverte à l'occasion des travaux de 1951-52, qui devait abriter, à l'origine, une statue de la Vierge, comme celle encore visible à l'église de Clarensac. Un fronton sclupté triangulaire surmontait cette porte .
L'intérieur de la nef est décoré sur la totalité de ses murs, vraisemblablement à la même époque (fin du 17ème ou début du 18ème), de fresques récemment redécouvertes mais fort dégradées, qui représentent des grands motifs constitués de rinceaux de feuilles d'acanthe, de draperies ou tentures, de guirlandes et bandeaux, de faux marbres encadrés, le tout en trompe-l'oeil au niveau de la seconde travée en partant du chœur. Elles sont d’un superbe fond de couleur parme foncé dans la travée du milieu avec un encadrement brun mouvementé dans la partie haute. Enfin, dans les 4ème et 5ème travées, on trouve des grandes bandes verticales en alternance aux couleurs ocre jaune orangé, rouge parme, gris, pastels, cernées de traits noirs avec des sortes de médaillons ou cartouches à leurs bases aux formes d'enroulements de végétaux dans des tons bruns. Ces médaillons ovales comportent des inscriptions et messages de couleur verte pour celui mis à jour. Le tout est très bien rythmé dans le style baroque en vogue à cette époque. La palette de couleurs chaleureuses utilisée pour l'ensemble de l'édifice est donc particulièrement harmonieuse avec l'emploi, nous l'avons vu, d'ocres jaunes, d'orangés, de rouges, de bruns, de touches jaunes, rouges et bleues qui rehaussent des pétales de fleurs et des feuillages au niveau de la seconde travée. Dans son état originel, cette oeuvre devait être du plus bel effet et mériterait, sinon une restauration ou restitution complète étant donné l'état des enduits, tout du moins un relevé mené de manière sérieuse avec un décroûtage maximal du décor recouvert afin de le faire apparaître dans sa totalité et donc son unité, de découvrir d'éventuelles autres inscriptions qui pourraient se révéler très précieuses pour l'histoire de l'édifice.
Bien que tardives, les nouvelles voûtes sont cependant réalisées à la même époque sur croisées d'ogives de manières quadripartites , certainement dans un souci d’unité par rapport aux deux travées d'origine ( cet élément est précisé dans le prix fait de Dardaillon ). Les réalisations multiples de Dardaillon nous montrent d'ailleurs qu’il connaissait et maîtrisait parfaitement bien la technique ( comme le prouve le dôme et l'escalier du pavillon central du château d'Aubais et les nombreuses autres restauration d'églises qu'il a réalisé. )
Quelques vues de l'intérieur de l'église et de ses voutes .
Le 17 décembre 1703, l'église est à nouveau vandalisée et en partie incendiée par Jean Cavalier à la tête des Camisards poursuivis sans relâche par les troupes royales. Les murailles et portes de l'ancien fort sont, pour la plupart, définitivement abattues, un office est célébré dans l'église saccagée dont le mobilier finit par être brûlé pour célébrer leur victoire l'aprés midi même à la Roque d'Aubais , au bord du Vidourle , sur les troupes royales .
Le clocher :


En 1759, la commune décide de l'édification d'une tour clocher réalisée en bugets de pierre tendre ( Junas ) . Beffroi communal d'une hauteur de 15 mètres, attenant à l'église, à la terrasse duquel on accède par un très bel escalier à vis à l'enroulement particulièrement gracieux. Cette tour est surmontée d'un campanile de forme pyramidale assez élancée haut de 6 mètres au sommet de la croix , très sobre, en fer forgé , terminé par une girouette figurant un drapeau à deux flammes, toujours opérationnelle aujourd'hui et surmontée elle même de la croix croix très simple en fer forgé de la même époque. Ce campanile supporte , de nos jours, une très belle cloche parrainée par Anne Joseph de Louet de Murat de Nogaret de Calvisson. Il résidait à l'époque au sein du trés raffiné château de Marsillargues. Cette cloche est suspendue au centre et au sommet du campanile au moyen de six grands "crochets" de bronze figurants de magnifiques têtes d'hommes barbus.
D'après les textes anciens de la fin du XVIIème siècle, la façade principale de l'église était, depuis 1686, surmontée d'un clocher pignon à deux baies abritant chacune une cloche. Ces deux cloches ayant été transférées au sein du nouveau campanile, on pense que ce premier clocheton a logiquement disparu à la même époque. L'une de ces deux cloches a également disparu dans l'opération, peut être refondue, comme cela se pratiquait assez souvent lors de grands évènements comme justement la construction d'un nouveau clocher, pour donner la cloche que nous connaissons aujourd'hui dont voici quelques vues inédites . ( Un article complet lui est cependant consacrée à l'occasion de son 250ème anniversaire en 2009 ) . Son maître fondeur est Jean Poutingon , originaire de la région de Montpellier
Dimensions de la cloche :
diamètre à la base : 84 cm
hauteur au cerveau ( partie supérieure de la cloche ) : 57 cm
hauteur à l'anse mère de couronnement ( crochets ) : 78 cm
millésime : 1759
maître fondeur : Jean Poutingon
Signe particulier : présence d'un lézard moulé au naturel
Poids estimé : 380 à 400 kg avec le battant intérieur
En exclusivité , les premières vues de la cloche ci dessous






La croix du clocher culmine à 21 mètres au dessus du sol de la rue de l'église . ( rajouter 2 mètres au niveau de l'avenue en contrebas ) Juste au dessous , la girouette en forme d'oriflamme , indique la direction des vents depuis 250 ans ...
Sur sa face sud , le clocher possède un ancien cadran solaire ainsi qu'une inscript ion pour le moment indéchiffrable au sein de la corniche en doucine du parapet surmontant directement le cadran d'horloge actuel .
Réaffectée un temps au culte protestant et aux cérémonies civiles sous la Révolution , elle est vidée de son modeste mobilier . Une de ses deux cloches est également descendue du campanile en 1794 et fondue pour participer , notamment , à l'effort de guerre et à la pénurie de métal durant cette période. L'église est finallement rendue aux catholiques le 6 août 1800 (contrairement aux églises de Boissières, Nages-et-Solorgues, Saint-Dionizy ou encore Langlade qui ne seront finallment jamais réaffectées aux catholiques). Un service régulier est rétabli en 1807 et l'église érigée en succursale .
l'ancien presbytère , ( démoli en 1951 ) accolé aux deux travées les plus à l'ouest de l'église , et obstruant en grande partie la vue sur la façade méridionale , est rénové en 1808 ; en voici quelques vues au début du 20ème siècle :
La communauté catholique de Congénies devra cependant attendre la seconde moitié du 19ème siècle, sous le Second Empire, pour procéder aux derniers aménagements intérieurs : statues en plâtre coloré, objets d'ornement et de culte commandés sur les premiers catalogues de vente par correspondance à des sociétés spécialisées, installation des vitraux du chœur qui figurent St-Pierre et St-André ainsi que la Vierge Marie et St-Joseph (auprès de l'atelier montpelliérain Bancel en 1864-65), nouveau maître-autel en marbre blanc et dorures (vers 1855) auquel étaient adjoints deux autels latéraux dédiés à Notre-Dame-des-Grâces et à St Joseph, boiseries contre les murs du chœur (1870-1890) réalisées par le menuisier congénois Cabanel.
Candélabres multiples de style baroque, lustres néo-gothiques, Gloire en bronze doré et cuivre surmontant le maitre autel , bannières , ex-votos et autres objets liturgiques en tous genres décorent l'édifice de manière quelque peu surchargée comme il était de mode à l'époque. À cette occasion, de nouvelles peintures très colorées sont réalisées sur les murs de l'ensemble du chœur, dans le style "académique", alors en référence, que constituait le gothique du 13ème siècle, souvent revisité comme à l'église St Pons de Sommières ou encore à l'abbaye de St-Michel-de-Frigolet pour ne citer que les exemples locaux les plus frappants.
L'intérieur de l'église vers 1910 .
Maître autel du choeur, marbre blanc et dorures vers 1855 , détail du tabernacle abritant le ciboire .
Vierge Marie , statue en toile recouverte de plâtre et dorure à la feuille, première moitié 19ème ( La photo le montre assez mal, mais une importante restauration serait nécessaire )
Notre Dame des Victoires et Saint André , statues en plâtre polychrome et armature de fer commandés sur catalogues ; années 1860/70 .
Tableau de la crucifixion surplombant le tambour de la porte . ( première moitié 19ème ? un démontage pour vérification serait nécessaire ). Le Christ est entouré d'angelots . A ses pieds les deux saints patrons de la paroisse : la Vierge Marie à gauche et Saint andré portant sa croix en forme de X . Tableau nécessitant une importante restauration qui a beaucoup souffert des infiltrations d'eau de pluie en provenance de l'ancienne rose qui le surplombe . Attribution inconnue , la partir basse du tableau a été en effet découpée à la base sur une hauteur d'environ 20 cm hélas ...Ce tableau n'est pas a sa place; il s'agit en fait d'un tableau de choeur. Il devait , à l'origine, se trouver au dessus du maître autel ( un tableau similaire, qui daterait de la fin du 17ème mais ce point est encore à vérifier, existe à l'église voisine de St Martin d'Aujargues ... ).
Les peintures à l'huile des années 1860 des murs du chœur sont malheureusement recouvertes de la couche de chaux évoquée ci-dessus et d'un faux marbre réalisé dans les années 1930. Ce décor, très dégradé lui aussi, était composé, pour les murs nord et sud, de blasons de couleur vert d'eau aux contours noirs comportant des motifs stylisés de fleurs vert foncé en alternance avec des croix de Saint André ocre orange, le tout se détachant sur un fond beige légèrement rosé. Le mur de l'abside était , quant à lui, recouvert d'une vive couleur parme sur laquelle se détachaient des formes de losanges qui comportent des traces de dorures (comme des étoiles stylisées). Le tout est ici encadré par des bandeaux vert d'eau, beige rosé et noir. En outre, deux frises en latin sont exécutées sur les murs nord et sud de ce chœur rappelant, notamment, le souvenir de l'ancienne paroisse disparue de Saint-André de Congénies. Ce décor est enfin complété d'une voûte céleste en bleu cobalt soutenu sur laquelle se dégagent des étoiles d'or au sein de la dernière croisée d'ogives surplombant le fond du chœur. ( voir étude sur les peintures murales ) .
vitraux du Choeur par l'atalier Bancel à Montpellier ; 1864-65
Détails parties hautes des fenêtres
En 1881, la commune doit faire appel à l'architecte départemental Poinsot . En effet , d'importants problèmes de structure se font jour sur la construction : murs lézardés et surtout voutes et toitures devenues dangereuses et laissant passer l’eau, problèmes d'humidité logiques au niveau des murs. Un chantier de restauration est donc mené de 1882 à 1883 et il n'est pas interdit de penser que les récentes peintures du chœur aient été recouvertes de chaux à cette occasion, comme l'ensemble des murs de la nef, afin de rendre un caractère plus salubre au bâtiment. Au passage, à la fin des travaux, l'engagement républicain sans faille de la commune se manifeste dans la peinture en grandes lettres sur la façade de la devise " Liberté-Égalité-Fraternité", précédée de la mention "Edifice public" ( Il en sera d'ailleurs de même pour le temple réformé au sein de la rose ).
Le XXème siècle est marqué par de nombreux réaménagements intérieurs pas toujours heureux (1932 voit l'exécution de l'actuelle peinture en faux marbre qui orne encore le chœur et la réalisation du sol et des soubassements des murs de la nef en béton et ciment) qui feront disparaître la quasi-totalité des éléments de décoration du siècle précédent. L'action la plus marquante reste heureusement la démolition de l'ancien presbytère ou "cure" datant du début du XVIIIème siècle devenu vétuste et dangereux et de la sacristie du milieu 19ème qui étaient accolés à la façade sud du monument, le masquant en grande partie (notamment les deux baies de style gothique des travées les plus à l'ouest qui étaient en partie obstruées). L'architecte départemental Henri Floutier mène cette campagne de grands travaux et de réhabilitation de 1951 à 1952 (il est l'auteur, entre autres, à Congénies, de l'ancienne cave coopérative en 1929-32, du foyer communal et des anciens bains-douches en 1937-38). Par cette opération d'envergure, l'église est enfin dégagée sur toute la longueur de sa façade sud. Les pierres sont jointoyées laissant apparaître les parties les plus anciennes, un agréable parvis est aménagé en lieu et place du presbytère et de l'ancienne sacristie où trône aujourd'hui l'olivier de la Liberté planté à l'occasion du bicentenaire de la Révolution de 1789 ( pour l'an
ecdote, symbole par excellence de la République, l'arbre occupe ce qui fût l'ancien petit jardin du curé...). A l'intérieur de l'église, les grilles de protection du chœur sont déposées, les autels latéraux disparaissent, une nouvelle sacristie est construite au nord de l'édifice. Le projet de Floutier d'aménager une sorte de petit jardin public sur ce parvis n'est cependant pas accepté par les Monuments Historiques .
En ce qui concerne le clocher, l'ancienne horloge mécanique est remplacée par un système automatique électrique en 1957 avec l'installation d'un nouveau cadran perçé dans le cadran gravé du 18ème siècle ... ( il faut bien l'avouer fort disgracieux, à structure de fer et de verre peint ,aujourd'hui très abîmé et rouillé, pour permettre l'éclairage nocturne. Le tout inséré dans un encadrement rectangulaire en béton qui défigure quelque peu la tour ... Mais, à l'époque, une horloge électrique, constituait une avancée technologique non négligeable). Il laisse cependant apparaître les restes de l'ancien cadran rond en pierre gravée du 18ème siècle qui mériterait d'être restauré tout comme le cadran solaire de la face sud au dessus du toit de la nef. A noter que ces deux éléments comportent des traces de polychromie .

Deux années séparent ces clichés ; le boitier en ciment dans lequel est inséré le cadran s'est fortement dégradé .
Les campagnes de restaurations en ce début de XXIe siècle :
Un manque général d'entretien des structures du monument par faute de moyens et l'emploi de matériaux inadéquats lors de petites interventions successives ( tels les ciments ou bétons sur les murs , les soubassements , les sols intérieurs ou extérieurs , même encore récemment ... ) ont conduit à élaborer un vaste programme de réhabilitation, de sauvegarde et par conséquent de mise en valeur de l'édifice articulé en trois phases minimum.
Pour commencer, la toiture de 300 m2, très vétuste et qui n'était plus étanche, a été totalement refaite au printemps 2000 .
La seconde tranche des travaux a débuté à l'automne 2007 pour s'achever au printemps 2008. Elle a eu pour but de s'attaquer à la façade nord de l'édifice ( notamment sa salubrité au niveau du sol ) dont les soubassements étaient enterrés depuis fort longtemps sous prés de deux mètres de gravats et de terre provenant d'anciennes constructions aujourd'hui disparues. A cette occasion un accès pour personnes à mobilité réduite a été aménagé au moyen d'une nouvelle porte latérale percée dans le mur nord. En outre, les vitraux de la fin du XIXe siècle, sur la façade sud ainsi que la rose ouest, ont été déposés et ont fait l'objet d'une restauration complète. Au moment de leur réinstallation, ils sont dorénavant protégés des agressions extérieures par la pose de grandes baies en PVC à armatures de fer. Il en est de même pour les quatre baies géminées de style gothique les accueillant, dont les structures en pierre de Mus et Junas , trop abîmées après examen, ont dû être en grande partie restituées d'après les modèles originaux et remplacées ( retaillées en pierre de Junas ). Elles aussi sont désormais protégées par les nouvelles baies en PVC .
La dernière phase de ce vaste chantier concernera la partie certainement la plus délicate : la restauration de l'intérieur de la nef dont les restes des peintures murales, certes très dégradées, couvrant trois étapes fondamentales dans la compréhension historique et pédagogique de l'aménagement de l'édifice (XIVème, XVIIéme et XIXème siècles), sont menacés d'une disparition pure et simple dans l'indifférence quasi générale. Cette perspective est d'autant plus alarmante qu'aucune étude véritablement sérieuse et surtout poussée n'a été menée à ce jour ( seul un simple et rapide sondage des murs, au rapport très expéditif et laconique, rempli d'inexectitudes historiques a été réalisé en 2000 ... ). D'où des conclusions hâtives peu favorables de ce cabinet d'expertise sur l'intérêt de la sauvegarde de ces décors. Une troisième étape, dont la date est encore à préciser ( on est tout de même sur du long terme ) mais qui risque fort de soulever de nombreuses polémiques. On notera cependant , et celà est une excellente nouvelle , que ce chantier se fera sous la responsabilité d'un architecte des monuments historique suite à l'importante erreur très dommageable commise par la paroisse d'avoir entièrement rénové les sols du choeur et le maître autel sans autorisation en 2003 ... A cette occasion , nous proposerons , si celà est possible , la réouverture de la fenêtre est de l'abside ... Une affaire à suivre mais qui n'est pas programmée pour le moment étant donné le coût très élevé de ce type d'opération .
Nota : Sur un autre registre , le clocher et son campanile dont le phénomène logique de torsion s'accélère devraient également faire l'objet de quelques restaurations avec surtout l'installation trés souhaitable d'un paratonnerre mais celà constitue encore une autre phase ...
On remarque, dans le mur du chevet, les traces supposées d'ancrage de l'ancien rempart et, au haut ,à la droite de celles-ci, une pierre grise finement sculptée connue sous le nom de "l'entrelacs à trois brins carolingien". Elle provient peut-être d'une église plus ancienne.
Commentaires sur L'église Notre-Dame et Saint André de Congénies par Loïc Vannson
Bonjour à tous .
Les recherches continuent au fil des mois pour en savoir un peu plus sur l'histoire et l'architecture de notre église avant les premières réfléxions quant à la la 3ème phase des travaux qui concernera , cette fois ci , l'intérieur du monument .
Pour l'heure , de nouvelles informations sont d'ores et déjà disponibles sur Wikipédia-Congénies , avec , notamment, la date de la cloche du campanile enfin vue au cours d'un petit reportage photo sur l'intérieur du clocher ce 4 decembre .
Le travail de recherches va maintenant se poursuivre en archives .
A bientôt pour de nouvelles découvertes ; Loïc .
La pierre du chevet comporte quatre brins et non trois ... Aussi étonnant que celà puisse paraître elle pourait être une version stylisée de la croix de St Patrick , à l'origine représentée par un trèfle à quatre feuilles ... L'inspiration semble bien celtique même si cette croix n'est pas inscrite dans son traditionnel cercle ( représentation la plus courante de la croix celte ) . N'oublions pas que l'église de Congénies se situe à proximité du chemin de St Jacques de Compostelle et que la Galice fait partie des terres de traditions celtes ... Cette pierre a pû être éventuellement gravée par un "compagnon voyageur" travaillant d'églises en églises ... Quant à sa destination première , il est evident qu'elle n'est pas à se place d'origine . Il pourait s'agir tout simplement d'une pierre de consécration de l'édifice primitif ( pratique courante à l'époque ) dont la datation , faute d'archives remontant à des temps si reculées ne peut être qu'approximative ; certainement la période carolingienne entre le 8ème et le 11ème siècle .
Vos suggestions et commentaires sont les bienvenus sur cette tentative d'explication ...
cordialement ; Loïc
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