Nous allons recenser dans cette rubrique, au fur et à mesure de leur découverte, des réflexions sur Congénies ou des descriptions de notre village, trouvées dans des écrits d'auteurs du XIXème siècle.

   Dans l'édition de 1834 de son livre "Nismes et ses environs à vingt lieues à la ronde", le pasteur Emilien Frossard écrit (page 135) :

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"Dans la partie occidentale de la Vaunage se trouve un bourg de mille âmes environ. Rien ne le distingue des autres amas de modestes habitations répandues dans la plaine, si ce n'est peut-être un énorme cyprès que l'avant-dernier hiver a desséché, et qui se tient encore là debout, immobile, comme une triste relique de ce qui fut vie et verdure. L'artiste peut donc traverser Congéniès s'en presque s'en apercevoir, sans regretter que la diligence ne daigne même pas y changer de chevaux. Mais que celui qui aime l'homme plus que les montagnes et les ruines, ne traverse pas si brusquement le petit bourg oublié, car s'il n'a rien pour charmer les yeux, il a de quoi exciter une légitime curiosité, et il offre à l'homme réfléchi un fait moral qu'il ne retrouvera dans aucune autre partie de la France. Qu'il sache donc que ce petit coin ignoré renferme quatre sectes religieuses qui vivent l'une à côté de l'autre en parfaite harmonie, jouissant d'une entière liberté de droit et de fait, et prospérant chacune selon les éléments qui leur sont propres. L'église catholique, le temple des réformés, celui des quakers, et bientôt une chapelle méthodiste, se touchent sans froissement, sans envie et sans rancune.
   Ils l'ont donc comprise cette religion d'amour et de tolérance ces paisibles habitants de la plaine, sachons la comprendre aussi, car, serait-ce sans intention que la Providence aurait placé un tel spectacle aux portes de Nismes, si long-temps le foyer des dissensions intestines et des haines de parti ?"

Le pasteur Frossard poursuit ses réflexions par de longues pages sur les quakers et leur installation à Congénies (qu'il s'obstine à écrire Congéniès) et par une citation du mémoire de Labaume sur l'agriculture de Congénies que nous publierons ultérieurement.
   
Dans l'édition de 1854 de son livre, devenu "Tableau pittoresque, scientifique et moral de Nimes et de ses environs à vingt lieues à la ronde", Frossard est beaucoup plus sobre :
   
"Congénies, qui se fait remarquer par l'existence de plusieurs sectes chrétiennes, catholiques, proSans_titre_0testants, quakers, méthodistes, vivant en paix les uns à côté des autres et exerçant librement leur culte respectif".
   
   
Notons qu'en vingt ans "Congéniès" est devenu "Congénies" !